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L’Édito – La vérité et la théorie du chaos

L’Édito – La vérité et la théorie du chaos


Simplement, la vérité, c’est parler avec son cœur et ne rien laisser sous clé. Prendre ses convictions et vider d’un seul souffle notre esprit de ses idées véridiques. Sans aucune barrière. Ou alors, selon les ouvrages de référence, la vérité reflète une qualité de ce qui est vrai, une connaissance conforme à ce qui est réel, à la réalité; l’expression de cette connaissance.

J’aimerais mettre l’accent sur le terme « l’expression de cette connaissance »; certains ont une facilité remarquable à agir ainsi, ayant la faculté de n’avoir aucune retenue, aucun tabou et ainsi, avec grâce, démontrer les faits réels. Une pomme, c’est une pomme. Je t’aime ou je ne t’aime pas. J’ai volé ceci et j’en ai donné à quelques-uns de mes amis. Point.

D’autres, comme plusieurs de nos dirigeants politiques, de nos proches et de nos connaissances s’enfoncent constamment dans le gouffre du mensonge et dans la spirale de la rhétorique persuasive. Pour eux, la vérité n’est qu’un mot et le mensonge un prétexte qui sert à la mise en scène de leur pièce de théâtre personnelle pour garder le contrôle sur l’environnement qui entoure leur Être.

Un mal nécessaire?

Est-ce rationnel de croire que mentir peut servir le bien et les intérêts du groupe? Par exemple, utiliser le mensonge pour assurer la paix et tenir les rangs afin d’empêcher le chaos. Maintenir le flou et l’ambigüité de sorte que l’on mette l’accent que sur l’impact immédiat d’un événement et qu’on oublie, ou détourner, les répercussions futures d’un geste prémédité.

Au final, on évite la confrontation, car nous avons peur de perdre nos acquis et l’amour des gens. On protège nos arrières, même si nos actions concernent la population en général.

Pourtant, l’acte public, bien ou mal, ne se doit t’il pas d’être révélé afin de mieux comprendre et juger la réalité qui berce notre communauté? Car, pour être un bon citoyen, il faut certes aller voter au quatre ans, mais c’est aussi être au courant, comprendre et accepter ce qui se passe concrètement à l’intérieur de notre société. Cependant, pour réussir, nous devons avoir confiance à ceux qui se proclament solutionnaires.

Prenons comme modèle la gestion politique de nos infrastructures routières. Dernièrement, un autre pont est tombé sur les charmants chemins troués québécois. À « go », tout le monde s’est mis à se lancer la patate chaude et se lapider sur la place publique. « C’est de la faute à lui. Non! C’est eux qui ont commencé… et patati et patata. » Pourtant, les rapports et les analyses des conditions de nos routes existent. Devraient-ils être dévoilés publiquement?

Pour une tranche d’expert — lire ici les ingénieurs et le Ministère des Transports —, dévoiler ces détails provoquerait la panique générale causée par une interprétation biaisée des rapports. Selon ses spécialistes, une majorité de personnes ne voudra plus utiliser certains axes routiers même si ceux-ci sont encore dans un état raisonnable, juste parce qu’ils y ont apporté la petite note « des pierres tombent de ce viaduc ». Du genre, « qui êtes-vous pour juger de ce type de rapports, des ingénieurs? Non? Alors, vous êtes trop cons pour comprendre ».

Encore la théorie du chaos pour ébranler notre confiance. Mais collectivement, sommes-nous si idiots? N’est-ce pas notre droit de savoir sur quel type de paver nous voulons rouler? N’est pas notre liberté de décider de notre propre sécurité? Ou, plus facile encore, ce ne serait pas à eux, les experts et les dirigeants, de nous expliquer « l’expression de cette connaissance ». Nous dire la vérité.

Autre exemple, moins violent, mais tout aussi agaçant. Le fameux contrat entre la ville de Québec et Quebecor. Pourquoi tant de secrets durant les négos? Vrai que Régis Labeaume, notre charismatique maire, a été élu en promettant un nouvel amphithéâtre, mais où se situe la limite pour qu’il puisse arriver à ses fins?

Le maire nous dit qu’il portait son veston d’entrepreneur lorsqu’il négociait avec Quebecor et que s’il avait dévoilé la teneur des négociations et de ses choix, il risquait de mettre en péril le contrat. Cependant, à moins que je me trompe, Régis Labeaume n’est plus un entrepreneur depuis longtemps, mais un élu qui doit porter sa veste de maire en permanence. Donc un représentant du peuple, qui pour agir, doit mettre sa population au courant des démarches qu’il effectue pour nous, en notre nom.

En gros, Régis Labeaume ne sortirait-il pas gagnant s’il dévoilait à ceux qui payent la grosse part du gâteau ce qui a motivé sa démarche et ses choix? Au risque de me tromper, la transparence est l’une des balises fortes de notre démocratie et l’une des qualités que l’électorat aimait de M.Labeaume lorsqu’il est apparu comme un mage sur la scène municipale.

Vous allez me dire que nous avons maintenant accès aux détails du contrat. Vrai. Toutefois, ils sont ici transparents, qu’une fois l’entente conclut et seulement sur le contenu paraphé du contrat.

Je ne me questionne pas sur le résultat, mais sur la démarche.

Un nouvel amphithéâtre pour accueillir une nouvelle équipe de sport professionnel OK, mais à quel prix? Vous êtes d’accord avec cette finalité? Parfait. C’est le comment qui m’énerve.

J’ai une admiration folle en ceux qui croient aveuglément et ont une confiance infinie envers un être de pouvoir. J’aimerai tant être capable, mais je n’ai aucune idée comme elles font. Je pense qu’on appelle ça… LA FOI. Sauf que, j’ai toujours cette petite voix intérieure qui doute en se demandant ce qu’il pourrait y avoir après. Avec l’amphithéâtre, j’y crois, mais cette petite voix est si agaçante.

Somme toute, à cette époque où le cynisme arrive au premier rang de tous les sondages politiques, au moment où les scandales, les intérêts personnels, les cachotteries, les divisions, la peur et la mort viennent nous voler le peu d’espoir qu’il nous restait en ce système poussiéreux, quelle solution et quelle avenue devront nous prendre pour recommencer à avoir confiance? Les loisirs? Des routes sécuritaires? Une équipe de hockey?

En voici une que j’aime bien, et c’est Jack Layton qui nous l’a laissé en héritage : c’est que l’authenticité d’une personne peut faire toute la différence. Une personne qui agit avec sincérité et conviction afin de rendre le plus de gens heureux, et ce, en donnant une chance égale à tous, peu importe sa couleur politique, peu importe le drame ou l’épreuve que nous devons traverser… ensemble.

Nico

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