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Envoyer un éléphant rose dans l’espace

Envoyer un éléphant rose dans l’espace


Photos : Jean-Bernard Filion

Avouez qu’il y a des personnes, que vous rencontrez dans votre vie, qui ne passent pas inaperçues? Quelqu’un qui est une coche au-dessus de la mêlée. N’y a-t-il pas des Êtres qui vous inspirent par leur sens du travail et de la répartie? Réfléchissez un peu… Un artiste qui aurait le mot – innovation – d’inscrit dans son code génétique? E1000, alias Émile Gauthier, fait partie de ceux qui peuvent chausser ces souliers sans craindre de jouer à l’imposteur. Même une tempête de neige n’arrêterait pas ce transformateur des sons, afin de venir parler musique avec Québec t’aime.

Pour dégivrer nos lunettes, c’est chez Sebz, spécialiste en thé, que nous nous sommes arrêtés. L’un des endroits que notre musicien aime le plus à Québec. Son côté zen qu’il nous dit. Force est d’admettre que l’ambiance est paisible, détendue et rehaussée d’odeurs raffinées qui nous montent au cerveau et paralyse l’angoisse. Le Lugu, un thé vert japonais, arrosera la rencontre.

En 2009, E1000 lance Your Elephant Traning Program, le premier EP du musicien qui a touché terre, tout doucement, sur la planète électro : « Ce projet-là, c’est un mélange entre un concept solide et toute la liberté que ça m’amène ». Vrai, car ce qui frappe, en plus des rythmes puissants de E1000, c’est l’enrobage qu’il y a autour de ses « beats ». La chair rose collée sur l’os. Par exemple, si vous croisez une mascotte d’éléphant rose dans la rue, ne vous en faites pas, vous n’êtes pas sous les effets de drogues dures telles la mes***** et l’ex*****. Eh non. C’est E1000 qui doit préparer une autre étape de son projet d’exception. Ce personnage étrange et charismatique lui permet de tirer profit d’une image robuste et de supports variés pour la promotion de sa musique.

Toutefois, cette liberté ne serait pas possible si l’artiste n’était pas indépendant. Il y a bien sûr l’édition rose de Your Elephant Traning Program, apparue en France en 2010 avec la maison de disque Kito Kat, mais ici, au Québec la latitude est totale : « Par contre, de plus en plus, je veux laisser tomber le côté administratif pour mettre l’accent sur ma création. Par exemple, j’aimerais créer quelque chose de plus global, de plus grande envergure, qui pourrait toucher au Web, à la musique et à la vidéo ».

Cette ligne directrice, elle est déjà mise en branle. Le musicien, qui pratique un style méconnu du grand public portant le nom de dubstep — genre musical provenant du sud de Londres et apparu au début des années 2000, associant la musique jamaïquaine et le Drum and Bass britannique —, a décidé, dernièrement, de faire décoller un vidéoclip remarquable. Un petit bijou qui « flirte » avec l’animation 3D et le « live shooting ». Ça fait presque saigner des yeux tellement c’est beau et tant ça s’écoute bien. « Le projet de vidéo, pour la chanson Meteor Shower, a pris huit mois à construire. C’est un projet à long terme comme pour la création de ma musique qui est en constante évolution, tout comme le personnage de l’éléphant rose qui s’entraine pour aller dans l’espace ». Un beau filon, exploité à merveille.

De fait, Émile est aussi relationniste chez Ubisoft Québec et c’est avec son ami et créateur d’animation 3D Patrick Beaulieu que l’idée est née. Ne manquait plus qu’un directeur de la section humaine pour fusionner la production. C’est à cet instant qu’apparaît le réalisateur Guy Lampron. Le trio et plus de 20 autres disjonctés de l’image ont participé bénévolement au projet les soirs et les fins de semaine à l’extérieur de leurs besognes habituelles. Le but : envoyer, virtuellement et humainement, par les moyens d’un programme spatial, des éléphants dans l’espace. Bref, le court métrage, d’une durée de six minutes, marche. Les images sont fortes, l’imaginaire crépite, le rythme est suprême, les amazones (personnages féminins) nous font rêver et l’accord entre l’animation 3D et les plans réels est parfait, comme celui entre le Grand Coronas et une bavette de boeuf. Un vidéoclip « sexy ».

Avec E1000, chaque mot et chaque geste apparaissent clairs, réfléchis et rien ne donne l’impression d’être futile. Or, on sent la passion de la musique et des communications se dégagent de ses syllabes prononcées. Les sons bercent sa vie. Depuis la fin des années 90, il pratique la musique électronique et s’est toujours intéressé aux genres émergents. La musique, elle, est familiale, c’est son père qui lui a montré à utiliser les instruments traditionnels (guitare et basse): « Mon père a toujours eu des bands de musique et même encore aujourd’hui […], mais mes influences ont changé lorsque j’ai commencé à jouer avec les sons et à m’exprimer à l’aide des nouvelles technologies […] sauf que, tous les genres musicaux stimulent ma création ». Puis, pour ce qui est du processus de création? : « Tout débute par les batteries ».

Lorsqu’il nous parle du style qu’il pratique, je vous jure, le monde semble, soudainement, s’arrêter : « Le dubstep crée des atmosphères, les basses peuvent être hyper lourdes et dansantes, mais aussi, changer le cours d’une soirée. Sérieusement, il faut que les gens découvrent le plaisir du dubstep, ses textures et son côté spectacle sont uniques ». Cependant, il ne s’en cache pas, sa musique représente l’aspect le plus noir de sa personnalité. Sûrement causé, de ses dires, par la pesanteur des basses. Et son côté rose? Sa musique aussi, mais cette fois-ci pour la créativité qui s’en dégage.

Pour l’instant, Émile participe aux soirées FOODSTEP (E1000 au restaurant Le Cercle en formule 5 à 9) dans une atmosphère unique agençant dubstep et gastronomie. Pour E1000, ce moment permet de vivre une nouvelle expérience dans l’endroit, selon le compositeur, qui est le centre du renouveau à Québec : « Le Cercle, spectacle et restaurant, c’est à cet endroit que tout commence ». En prime, il participe à deux autres projets : Poison and Dagger, un concept de spectacles qu’il réalise avec DJ Levon Louis et où ils explorent l’improvisation, la composition, la performance avec table tournante, instruments et avec lequel un « show » est prévu, pour bientôt, à Québec. Ensuite, la compilation Transports, en collaboration avec Maxime Robin et plusieurs autres artistes de la scène électronique d’ici, est également disponible dès maintenant.   

Pour découvrir le dubstep, E1000 nous propose les bons albums de l’année 2010 :

Horsepower Productions – Quest for the sonic Bounty

Skream – Outside the Box

Eskmo – Eskmo

Kingdom – That Mystic

Darkstar – North

E1000, en français ou en anglais, un artiste qu’il faut retenir!

Nico.

Crédit photo : Renaud Philippe

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  1. lacapitaleblogue.com | links for 2010-12-15 - 16 décembre 2010

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