Électron libre
On le surestime parfois. On le sous-estime souvent. Généralement, on le connaît bien mal. Ayant pignon sur rue dans le quartier Montcalm depuis le milieu du siècle dernier, le Cinéma Cartier est un pilier de la diffusion cinématographique de la ville de Québec. Depuis sa réouverture il y a quelques années, il se donne comme mandat de « privilégier la présentation d’œuvres inédites à Québec ».
J’imagine vos lèvres remuer, j’entends vos commentaires. Je réponds oui, oui et oui peut-être mais… Vous dites qu’on y présente souvent des films difficiles dont on n’a pas nécessairement envie de voir un samedi soir pour se divertir. Je comprends. On y présente souvent des films qui s’adressent à un public plus âgé (voire la soixantaine et plus…). Je suis partiellement en accord. C’est pas vraiment beau, c’est même un peu poussiéreux. Oui d’accord.
Tant de commentaires entendus à de multiples reprises lorsque je parlais à mon entourage d’écrire un article sur le Cinéma Cartier. J’ai envie de reprendre tous vos commentaires et de vous les renvoyer en pleine face! Pas que je les trouve injustifiés, mais je veux plutôt vous inviter à voir un peu plus loin.
En ce qui concerne l’esthétisme de l’endroit, je ne peux nier qu’un architecte et un designer d’intérieur pourrait passer par là et s’en donner « à cœur joie »! Je crois tout de même qu’il faut passer par-dessus cet élément pour aller découvrir de magnifiques films qu’il serait souvent impossible de voir dans la vieille capitale si ce n’était du programmateur Michel Savoy. Aidé par le statut de festival permanent qu’a son cinéma, il propose souvent des œuvres qui ont l’air sorties d’une boîte à surprises. Une boîte dans laquelle les autres cinémas ne vont pas souvent piger. De bien belles découvertes, qui, parfois, suivent une fidèle clientèle du troisième âge et qui vous, jeunes gens de Québec, ne vous interpellent peut-être pas. Il faut se défaire de cette impression et consulter la programmation pour se laisser surprendre.
Dans une ville où la version originale se fait rare, le Cinéma Cartier persiste et offre ses films sous-titrés en français. C’est une merveilleuse occasion, non seulement de voir un film comme il a été conçu (qui est selon moi la meilleure version), mais aussi de pratiquer son anglais, son espagnol, son allemand ou même son japonais!
Pour ceux qui font encore leur deuil du Festival de cinéma des 3 Amériques, le Cinéma Cartier propose au cours de l’année plusieurs petits festivals qui vous permettront de voir une quantité étonnante de films qui ne sortiront peut-être jamais en DVD. J’ai, d’ailleurs, déjà fait une chronique sur Vidéo Femmes et son festival de films de femmes d’Argentine qui était présenté au Cinéma Cartier. Il y a eu des films mettant en scène le jazz lors du Festival de jazz de Québec. Il y a eu le Festival du Nouveau Cinéma (FNC) en provenance de Montréal dont une sélection de films était présentée sur la rue Cartier. Reprenant le même procédé, les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM) seront proposées, cette semaine, pour la première fois dans la vieille capitale.
Pour ces rencontres, treize documentaires seront présentés dont huit québécois. Un de ceux-là, L’imposture, tourné à Québec sera présenté en ouverture de l’événement.
Réveillez le cinéphile en vous. Celui qui a envie du cinéma dans une jolie salle de 118 places, et qui ne veut pas constamment être dérangé par des gens aux doigts imbibés de beurre qui mangent, bouche ouverte, leur maïs soufflé trop salé. Pas de friandises aux abords de cette salle du Cinéma Cartier, on y va dans la plus pure tradition. La projection prime. Le cinéma d’abord. Le cinéphile aimerait un petit café avant la projection? Oui, je suis d’accord! Et on espère que ça viendra…
RIDM (Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal) à Québec
Du 26 novembre au 2 décembre 2010
crédit photo: hjhipster sur flickr




Merci de nous informer! Excellente chute: je suis d’accord.
De plus, les sympathiques employés aiment voir le sourire des cinéphiles satisfaits!