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Danse contemporaine, je t’apprivoise

Danse contemporaine, je t’apprivoise


Sur le tapis roux, ce mois-ci :

Karine Ledoyen, chorégraphe contemporaine et fondatrice de Danse K par K.

Danse contemporaine. Deux mots qui intriguent. Deux mots qui effraient. J’entends déjà la moitié des lecteurs soupirer d’ennui à la vue de cet abominable adjectif de 13 lettres : « contemporaine ». Parce que « hip hop » ou « break dance », ça sonne tellement mieux. Tellement plus « accessible ».

À vous, courageux et courageuses qui avez eu l’immense force intérieure de chevaucher ce terrible qualificatif et de poursuivre, je vous salue. Car si l’univers de la danse contemporaine demeure petit, difficile à franchir, mystérieux parfois, certains artisans d’ici travaillent d’arrache-pied chaque année pour nous l’exposer. Un « dans-ta-face », sans que vous n’ayez à fournir d’effort.

Karine Ledoyen est l’une des leurs. La jeune chorégraphe de Québec danse depuis 2002 sur les quais, à la brunante, pour tenter de capter l’attention des passants. Son projet, Osez ! qui s’est promené de villes et villes et de quais en quais, célèbrera cette année sa décennie de création.

Simple, naïf, Osez ! unit chaque été un chorégraphe, un musicien et une dizaine de danseurs qui tenteront de créer spontanément un spectacle de danse d’une vingtaine de minutes. La production sera jouée le soir même. Puis l’histoire recommence le lendemain. Un nouveau coucher de soleil, une nouvelle chorégraphie. Et ce, jusqu’à la fin de l’aventure, qui dure en moyenne cinq jours. Et ça coûte gratis.

« À la base, on voulait présenter la danse à un public qui n’en a jamais vu. On voulait rendre ça accessible. Le produit est accessible, dans le sens où les gens peuvent avoir accès gratuitement à une première expérience avec la danse contemporaine. Pas de démarche pour aller acheter un billet, pas à se déplacer vers la salle. Ils se promènent et paf ! Il y a de la danse contemporaine devant eux », explique Karine Ledoyen.

Crédit photo : David Cannon

Succès imprévu

Reste que près de dix ans plus tard, la fondatrice de Danse K par K ne pouvait s’imaginer que le projet perdurerait aussi longtemps, ni qu’il se trimbalerait des deux côtés de l’océan, ni qu’elle aurait, elle, l’opportunité de donner une première chance aux interprètes d’ici et d’ailleurs.

« C’était impossible de penser que ça pourrait créer un engouement. La seule chose que je voulais, à la base, c’était de danser. On n’avait pas de lieu. On n’avait pas d’argent, pas de moyen. Ça s’est fait à la bonne franquette. C’était impossible de prévoir que ça allait autant se structurer », relate-t-elle.

Avec le temps, Osez ! s’est doté d’une seconde mission : celle de pousser les gens à faire l’effort de consommer de la danse contemporaine. « Il y a eu un travail de fond énorme qui a été fait par les intervenants directs de la danse sur ce sujet. Je pense que les gens s’y intéressent de plus en plus. On voit un engouement général. Une nouvelle génération de chorégraphes qui offre un produit nouveau. Mais on n’est pas encore au point où tout est parfait. Il reste du travail à faire », croit-elle.

Elle dénonce notamment les médias de masse, pour qui la danse, surtout contemporaine, peine à se trouver une place à l’agenda. « On ne voit presque pas de critiques de danse. On n’a pas souvent la chance, comme au théâtre, d’être présenté durant trois semaines d’affilée. Ça devient moins intéressant pour les médias », clame-t-elle.

Crédit photo : David Cannon

Cibler l’air

Qu’importe, Karine Ledoyen poursuit sur sa lancée et récidive, même, avec la présentation d’un nouveau spectacle en salle pour quatre danseuses, par la Rotonde, en janvier 2011. Pièce ludique, univers onirique, Air se situe dans l’état du rêve. On y verra d’ailleurs des personnages à la tête de ballon qu’on écrase à grands coups de talons hauts.

« C’est une création qui nous fait voyager d’un état à l’autre, en gardant cette idée autour de l’air qui nous entoure, qu’on respire, qu’on utilise pour créer le mouvement. On transforme l’air en toute sorte de chose. Une matière invisible qu’on veut rendre sonore, tangible, visible », explique la chorégraphe.

Crédit photo : Christine Chamberland

Sa production précédente, Cibler, la première de sa compagnie, n’est pas en reste. Cette pièce mettant en vedette trois danseurs et une comédienne se produira pour une troisième année consécutive dans différentes villes de la province, cumulant ainsi plus d’une trentaine de représentations d’ici la fin de la tournée.

« Ça lui fait une belle vie. En même temps, ça me permet de voir là où je suis rendue maintenant. Que mon travail évolue. C’est vraiment un privilège de voir où en est rendu ce projet-là. On se replonge dans l’état de création où est né la pièce et ça nous fait voyager à travers la pièce et à travers le temps », métaphore-t-elle.

Crédit photo : David Cannon

Séduit ?

Cibler

18 nov. à l’Auditorium d’Alma – Alma

19 nov. à Diffusion Saguenay, Salle Pierrette-Gaudreault – Saguenay

20 nov. 10 à la Salle Desjardins Maria-Chapdelaine – Dolbeau-Mistassini

23 nov. 10 à la Salle de spectacle Jean-Marc Dion – Sept-Îles

03 déc. 10 au Théâtre de la Ville, Salle Jean-Louis-Millette – Longueuil

Air

Du 19 au 21 janvier 2011, Salle multi de Méduse.

Osez !

Dates à confirmer, cet été

Liens vers cette article

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  2. Danse contemporaine, je t’apprivoise | La Rotonde - 28 juin 2011

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