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Daniel for dummies

Daniel for dummies


Photos : Sébastien/Tremblay

C’était un affreux mercredi de mars. Le ciel était trop clair et l’air trop cru. Une journée blanche qui s’enorgueillissait d’humidité et de toutes ces odeurs humaines qui se comprimaient dans le bus, mélangées au parfum froid et synthétique des manteaux. Le café asséchait ma gorge, amer et oublié au fond des parois du thermos. Tout empestait la fatigue et l’envie de s’abandonner à un fragment de sommeil.

Derrière la vitre et le gris du jour défile le gris bétonnant du PEPS. Le panneau lumineux d’arrêt me grille la rétine. Je descends. Me dirige vers le pavillon Laurentienne. Moby nasillarde « Spider » dans mon cerveau embrumé qui s’empoussière de l’hiver gâché et laissé là.

J’arrive à mon cours sur le Design Web avec l’enthousiasme d’un motard qui doit préparer du jello à sa maman (ben quoi, ça arrive, se lever du mauvais pied). Je grab un muffin. Pas nécessaire de me mentir : le démouler sera sans doute le plus orgasmique moment de ma journée. Mon moral se la pétait solide, ya pas à dire. Pis c’est là que l’prof débarque…

Je me la rappelle comme si c’était hier, ma première rencontre avec Daniel Lafrenière. Apôtre de la passion, il sème la graine de l’enthousiasme partout où il ouvre la bouche. Amoureux du Web, d’Apple et des mignardises qu’on se met dans l’bedon, c’est un homme vrai, qui…

Non mais attendez une minute. On va se dire les vraies affaires, ok?

Daniel là. Full excité man.

Il ne parcoure pas la salle de cours, il jogge, les mains qui se trimbalent et la voix qui s’emballe, avec des traits de fumées blanches qui filent ses mouvements comme dans Road Runner. Il discoure avec une telle passion que je range mon muffin dans mon étui à crayon et j’écoute.

Oh oui, j’écoute. La journée durant. J’écoute avec cette salive que l’on sécrète en présence des authentiques passionnés. J’ai les yeux qui s’extirpent lentement de mes orbites car je ne peux admettre qu’un pédagogue soit aussi motivé, encore moins plus mordu que moi (ok, ça faut le faire, vous en conviendrez).

C’est que, voyez-vous, j’étais un peu moins capoté, dans le temps. Disons que Daniel a indirectement, cette journée-là, donné un « coup pied dans l’cul » à mon épanouissement.

Il l’apprend sûrement en lisant ces lignes. Mais sa passion m’a toujours inspiré.

Et que fait-il, au juste, dans vie, à part être un transistor à motivation?

Daniel est un conseiller en expérience utilisateur sur le Web. C’est-à-dire qu’il décompose l’aride complexité d’une organisation/compagnie tentaculaire, la passe dans le moulin à bon sens qu’est son cerveau et en extraie une géniale boulette de simplicité pour l’internaute.

Mais débarrassons-nous des conventions, je vous en prie. Je préfère voir les gens au-delà de leur travail. Je préfère vous révéler que Daniel est un amateur plein d’écume, un féru, un maniaque confirmé de moto, un junkie du Clocher Penché (où a eu lieu, bien entendu, notre entrevue) et qu’enfant, le bonheur se présentait simplement, dans sa chambre, alors qu’il dévorait des bandes dessinées et de la réglisse en ruban.

« Aujourd’hui… ya trop de stock. On est envahi de messages non-pertinents. Ça crée du bruit pour rien. On fait toujours de la communication de masse alors qu’elle n’existe plus. On est pu dans les années 60 où tout le monde mangeaient et s’habillaient pareils. Lorsque l’individualisme est arrivé (génération walk-man), les entreprises ont commencé à sortir plein de produits spécialisés. Effet pervers, car on ne sait plus quoi choisir devant le nombre effarant de possibilités. Que ce soit une brosse à dents ou une blonde. On se pose toujours la question : pourrait-on trouver mieux? Et ça, ça fait de nous des êtres insatisfaits. »

De nos jours, on souhaite que la communication s’adresse à nous, rien qu’à nous, juste à nous. Genre que personnellement, les pubs de tampons, j’m’en sacre. Ce trait d’esprit m’amène à vous introduire Talk to me, que Daniel a co-écrit avec Mark Morin.

La relation que nous avons avec les marques ou avec un site Web n’est pas différente de la relation que nous entretenons avec les gens. On s’entoure de ceux qui ont les mêmes intérêts que nous. Si une marque nous parle directement, qu’elle connaît nos goûts ou notre situation de vie, c’est sûr qu’on va écouter.

La pertinence du message. C’est ça, Talk to me. L’information doit être proactive. On a pu le temps de chercher, de choisir. Mais si une marque ou une compagnie est capable de nous faire des offres adaptées à notre réalité, pourquoi ne serions-nous pas intéressés?

Daniel voit un futur où l’émetteur du message s’ajustera à nos intérêts. Où, à l’aide d’informations de base comme notre âge, notre sexe et notre code postal, un site Web pourra, par exemple, nous proposer une navigation et un contenu adaptés.

En terminant l’entrevue, je sirote mon espresso d’un air débonnaire et regarde Daniel, qui semble suer pour autre chose qu’un excès de sirop d’érable. Il remonte ses manches : «Heille y fait chaud icitte mon homme», qu’il me dit.

Avoir un cerveau qui spin comme le tien, moi aussi, j’aurais chaud.

J’aurais chaud en clisse.

Merci, Dan, de te la compliquer tous les jours afin de la simplifier aux autres.

P

DanielLafrenière.com

Talk to me sera disponible sous peu, au format imprimé et électronique. Plus de détails sur daniellafreniere.com.

Vous pouvez aussi vous procurer son livre en pré-vente demain (jeudi le 11 novembre dès 17h30) au Studio P, dans le cadre de la journée mondiale de l’utilisabilité où Daniel et 3 autres conférenciers (dont l’affriolant Michael Carpentier) vous illumineront le savoir. Pssst, par ici pour vous inscrire!

3 commentaires pour “Daniel for dummies”

  1. Ce gars-là est une bombe ! J’ai bien hâte de lire ce nouveau bouquin. Je ne peux malheureusement être présent ce-soir. Faites-nous donc un p’tit suivi de la soirée si possible !

    Merci.
    Bonne fin de journée.

  2. Ta photo est superbe!! J’adore le filtre que tu as mis. Ton écriture est très intéressante à lire. Bravo!!

Liens vers cette article

  1. lacapitaleblogue.com | Suggestions du 10-11-2010 - 11 novembre 2010

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