Lecture secrète à Québec
Photos: Sébastien Tremblay
Jack réussi enfin à semer ses poursuivants. Haletant, il se réfugia sous l’escalier de secours, sachant que personne ne le trouverait là. Après avoir essuyé la sueur de son front et repris eu peu son souffle, il se permit enfin d’ouvrir son sac et d’en sortir le manuscrit. Il avait dans ses mains la clé qui lui permettrait enfin de faire tomber les plus hauts échelons de la geste des maîtres du Kremlin. Il souffla sur la couverture pour en enlever la poussière tombée lors de sa chute et l’ouvrit. Il n’en croyait pas ses yeux. Devant lui, écrit à l’encre pourpre…
- Faites du bruit pour votre Rouge et Or !!!
Et voilà une autre révélation ruinée par un retour trop brusque à la réalité. La lecture s’apprécie beaucoup plus dans un environnement propice. Il y a quelques semaines, je vous donnais mon avis sur le meilleur endroit pour lire du steampunk à Québec. Aujourd’hui, je vous révèle le fruit de mes recherches par rapport au roman de conspiration historique.
Ce style qui, bien que présent depuis longtemps dans nos bibliothèques n’a vraiment explosé qu’en 2003 avec le Da Vinci Code de Dan Brown. Ce roman rassemblait tous les éléments typiques du genre; société secrète, version alternative de l’histoire, un protagoniste intellectuel qui s’improvise aventurier pour faire échouer une conspiration millénaire qui atteint son apogée justement cette semaine et bien sûr, un peu de controverse. Le roman lui-même n’était pas selon moi un chef d’œuvre (phrases trop simples, intrigue pas assez tortueuse à mon goût) mais il a amené plusieurs personnes à lire ce style et cela en soit est un accomplissement.
J’ai moi-même lu plusieurs de ces romans et je dois vous dire que pour plonger à 100% dans l’atmosphère de constante paranoïa, de chuchotement et de secret, il faut un endroit bien spécial. On doit se trouver dans un endroit où, tout comme le protagoniste, nous avons l’impression que tout autour de nous, des choses nous sont cachées et interdites. Que nos faits et gestes sont épiés et que nous pouvons nous faire prendre à tout instant. Pour renforcer notre empathie envers le héros et découvrir en même temps que lui les mystères que les forces du mal se réservent, il faut avoir l’impression que nous aussi pourrions trouver un manuscrit ancien caché derrière une pierre mal cimentée.
Comme ces aventures ont souvent un lien avec le sacré ou le mystique, je me suis dit qu’une église serait lieu parfait. J’ai trouvé encore mieux.
Le réseau des bibliothèques de la ville de Québec nous offre des établissements de tout genres; Charlesbourg et Félix-Leclerc sont des bâtiments très récents et familiaux. Les sections jeunesses sont très développées, tout est à aire ouverte et rempli de plantes. La bibliothèque Gabrielle-Roy quant à elle est parfaite pour étudier. Le jack-pot de la conspiration historique est par contre la bibliothèque Saint-Jean Baptiste. Vous êtes probablement passé devant des centaines de fois sans y entrer. Située dans l’ancienne Église anglicane St-Mattew sur la rue St-Jean, elle en a gardé tout le cachet. Il est donc possible de s’asseoir par terre entre deux rayons de livres et de baigner dans la lumière filtrée à travers les vitraux religieux qui nous mettent dans l’ambiance pour une bonne conspiration. Ses plafonds de bois nous permettent de croire qu’on pourrait trouver un parchemin archaïque si seulement on pouvait en déplacer une latte et surtout, l’arche qui sert d’entrée fait vraiment la coupure entre le monde extérieur et ce temple de la lecture.
Côté suggestions, j’aurais pu y aller avec des romans récents écrits dans la vague qui a suivi le succès de Dan Brown (Un succès attire toujours les opportunistes. Chapters possède maintenant un section complète appelée romance paranormale pour classer tous les clones de Twilight) mais j’ai décidé d’y aller avec deux classiques par des maîtres du genre.
Le huit de Katherine Neville est un roman qui se trouve très facilement dans l’usagé. Mariant parfaitement une trame historique complexe narrant majoritairement des événements survenus à l’époque de la révolution française et la quête de la protagoniste pour trouver les pièces d’un jeu d’échec ancien qui permettrait de contrôler la destinées du monde, cette œuvre vous fera avoir des sueurs froides et vous faire réfléchir sur une partie de l’histoire du monde que vous ne connaissez peut-être pas aussi bien que vous ne le croyez.
Le nom de la rose d’Umberto Eco se déroule quant à lui entièrement dans un monastère. Guillaume de Baskerville, moine et ancien inquisiteur se doit de découvrir l’auteur d’un meurtre dans une enquête qui se révèle rapidement comprendre plus d’éléments que prévu. Traduit de l’italien, ce roman n’est par contre pas pour lire sur la toilette. Je vous conseille fortement d’avoir près de la main un dictionnaire car le vocabulaire utilisé par l’auteur (et le traducteur) est d’une complexité parfois déconcertante.
Je vous convie donc à entrer dans la bibliothèque Saint-Jean Baptiste la prochaine fois que vous passerez devant. Si ce n’est pas pour lire admirez simplement la beauté de l’endroit ou une des expositions qui y logent constamment.
Bonne lecture !






Effectivement, j’ai passé des millions de fois devant cette église sans savoir qu’il s’agissait d’une bibliothèque. Je n’y serais probablement jamais entré si je n’avais pas eu le mandat d’y faire des photos.
Bel article, heureux de savoir que je ne suis pas le seul qui n’a pas succombé au DaVinci Code
Wow! Les photo en noir et blanc augmente vraiment l’effet du message que tu veux passer…Ont y entend presque les vieux banc d’église craquer!