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La chronique du mois de novembre

La chronique du mois de novembre


(voir aussi : La chronique du mois d’octobre)

Saviez-vous que novembre était, en un temps fort éloigné, le 9e mois de l’année? En effet, «nove» en italien signifie neuf.

Les romains (Jules César, en fait, et sa réforme en l’an -46 qui deviendra le calendrier julien de notre société moderne) ont encore une fois toute fucké. En plus d’inventer le gangbang, les soldats en jupettes ont décidé d’ajouter deux mois au calendrier de l’époque, drette en plein milieu : juillet, pour Julius (César) et août, en l’honneur de l’empereur Auguste (enlever le «e» et ça devrait vous rappeler votre anglais de 4e année).

Peut-être que, si les conquérants épilés en sandales n’avaient rien fait, le mois de novembre aurait été beau. Y serait tombé kekpart au début du mois d’octobre d’aujourd’hui. Un beau mois d’automne coloré et enguirlandé de bonheur. Pas le mois de la mort, de la déprime en «pinules», de la sloche brune et du verglas cristallisé sur des arbres tout nus qu’on connaît.

Bref, un mois magique (#copyright Bravo).

J’aime me convaincre que ce mois-là est beau, même ici, dans notre Québec nordique. Après tout, n’y a-t-il pas un meilleur mois que novembre pour tomber en amour?

Quoi? Faites pas cette face-là.

Oui, je sais. Vous détestez novembre parce que le temps des pommes est fini, pis votre costume d’Halloween aussi (merci à la fille-pikachu d’hier qui vous a renversé dessus sa Poppers à saveur de lime et de dent de sagesse en apercevant la souris de son chum – on parle toujours d’un costume, ici).

Vous l’exécrez parce que Noël est trop loin devant et la piscine trop loin derrière. Parce que vous avez sali vos Vans dans la boue mouillée. Parce que c’est un mois transitoire de marde où on peut pu faire de rando, de vélo et de skate; où l’on peut pas encore faire de la raquette et du snow. Parce qu’on a reculé l’heure, pis qu’il fait juste noir… tout le temps.

Esti de romains.

J’ai donc décidé de vous partager un poème. Oui jeune voyou, tu as bien lu, un poème. Genre Nelligan avec un foulard, des alexandrins pis de la grosse pé-peine.

Pourquoi?

Parce que je crois que le mois de novembre est vraiment le plus beau pour tomber en amour. Parce que je crois que c’est le mois idéal pour envoyer chier la température et se coller en pyjama, devant la télé, du popcorn entre les dents et les oreilles pas lavées. Et se rappeler que le romantisme existe encore, à cette époque où la cruise se fait uniquement par textos ou par «poke» sur Facebook.

Imaginez une journée où vous prenez le temps d’être avec l’autre, où la technologie n’est pas omniprésente, où nous n’y sommes pas tant asservis. Imaginez une journée où vous ne désirez que la simple présence de votre douce moitié, et non la dernière robe fleurie en vogue, ou le tout nouveau réveille-matin japonais qui parle, qui chie et qui se remballe tout seul.

Mais c’est encore beau, l’amour, c’est encore vrai. Right? Ce n’est pas juste une game, ce n’est pas juste une partie de chasse ou de pêche. C’est un cataclysme intérieur, qui te chatouille de partout, qui te change du tout au tout, qui te fait sentir un peu con, un peu vulnérable, un peu beau.

Mais la réalité est tout autre. La réalité est que c’est mal vu, être amoureux, de nos jours. C’est comme une MTS. On touche pas trop à ça, on veut être libre, on veut pouvoir tester le produit, comparez les prix, la tenue de route, le changement d’huile…

On est bon pour se mentir. Regardez la politique, la religion. Mais la vérité, c’est que toutes les filles rêvent d’être la princesse du beau prince charmant. Et tous les gars rêvent d’avoir les couilles (devant leurs potes) d’ouvrir la porte de leur carrosse Hyundai à Cendrillon…

Laissez-vous aller à la magie de novembre. Célibataires, arrêtez de freiner. C’est le temps de voler!

Un été de novembre…

Je t’attends.

Le soleil lèche mon visage,
Je souris, j’ouvre les yeux,
Se pose et erre, erre mon regard,
Il se voit,
Il touche au monde autour de moi.

En ce doux été de novembre…

Je songe au vent qui s’empoussière,
Aux rideaux qui choient vers la terre,
J’inspire le parfum de novembre,
Terreux, mouillé, cotonné
Qui s’élève,
Vers un ciel bleu qui s’ensommeille.

Je songe au temps et à la vie,
Je songe au soleil qui me sourit,
À ceux qui partagent ma vie,
À tout ce qui en fait partie.

Je songe aux âges qui s’amoncellent,
Au torrent de feu qui brûle dans mes veines,
À la paix, au rêve inachevé,
Au désir le plus insoutenable et le plus éthéré,
Celui de me retrouver, seul, à mes côtés.

Je songe au froid qui pique mes doigts,
À la soif de t’avoir près de moi,
À l’incendie qui coule dans mes veines,
À l’étincelle qui t’a fait mienne.

Je songe au monde et aux sourires,
À la parade du quotidien, à l’amour de vivre,
Je songe à l’inconscience du moment présent,
Ainsi qu’au deuil toujours absent.

Je songe aux nuits de solitude,
Aux pensées qui se forment d’hébétude,
À l’émoi qui s’empare de mon corps,
Lorsque je conjure ton image en mon for.

Encore, encore une fois,

En ce doux été de novembre…

P

8 commentaires pour “La chronique du mois de novembre”

  1. J’adore, en lisant ce texte, j’ai tamisé les lumières de ma chambre et me suis enroulé dans une grosse couverture :)

    P.S. Pikachu, avec un K et non un C :)

  2. Juste pour ça:
    « Parce que je crois que le mois de novembre est vraiment le plus beau pour tomber en amour. Parce que je crois que c’est le mois idéal pour envoyer chier la température et se coller en pyjama, devant la télé, du popcorn entre les dents et les oreilles pas lavées. Et se rappeler que le romantisme existe encore, à cette époque où la cruise se fait uniquement par textos ou par «poke» sur Facebook. »
    Wow.
    k.

  3. WOW ! Monsieur Plante je vous le redit, j’aime votre plume !

    Mon anniversaire est en Novembre et à chaque année quelqu’un d’un peu cave me dit  » C’est poche pareil avoir sa fête en novembre, non ?  » Gros cave !

    Bref, merci pour l’amour donné au mois de Novembre

    Continue d’être amoureux ça te va bien

  4. J’aime ta spontanéité! Ta non-censure et, sans oublier, ta coquetterie du dimanche du mois de novembre!

  5. j’adore ton style d’écriture, franchement continue, ton article m’a fait sourire!
    :)

  6. J’aurais dont aimé tomber en amour dans le mois de novembre; comme je viens de tomber en amour avec ton article.

    V.B*

  7. Johanne Lafleur 31 janvier 2011 à 0 h 02

    eh bien oui ca se peut de tomber amoureux au mois de novembre, car c’est ce qui m’est arrivé en 2007 et ca dure toujours!

Liens vers cette article

  1. lacapitaleblogue.com | links for 2010-11-01 - 2 novembre 2010

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