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L’envol en montagne russe

L’envol en montagne russe


Nicolas Lachance et Kathryne Lamontagne se sont donnés comme défi ce week-end de co-signer la couverture Québec t’aime du premier festival de musiques alternatives au Québec. Vos deux explorateurs ont ainsi couché sur papier leurs impressions de la 15e édition d’Envol et Macadam… parfois en accord… souvent pas!

Attention : ce texte est long. À lire avec un café.

Présence : Nicolas. Absence : Kathryne

L’ouverture

L’ombre de la structure recouvre en grande partie le terrain vague, terreux, garnotteux et bouetteux sur lequel la foule, encore gênée, marche pour se trouver une niche. La première soirée du Festival Envol et Macadam allait ainsi prendre vie sous les gouttelettes de pluie bloquées partiellement par le béton perché au ciel. Ambiance crade.

Le Punk Rock allait être le point central de l’événement de ce jeudi. Deux groupes, deux époques. Againts Me et Millencolin. J’avoue avoir délaissé la scène punk depuis plusieurs années, or pour moi, c’est un retour aux sources. Quoique, Againts Me est un groupe qui alimente, quotidiennement, l’activité brutalement aidant à la survit de mes tympans.

Nostalgie

Donc, j’avais l’impression d’être replongé dans le passé. Subtilement, je me suis amusé à regarder les personnes présentes sur le terrain ayant accueilli le Cirque du Soleil tout l’été. Rien n’avait changé. Les mêmes visages, les mêmes odeurs étaient imprégnées dans mes souvenirs provenant de mon lointain secondaire.

8 h. Against Me entre en scène.

La formation de la Floride créée à la source du projet solo de Tom Gabel, chanteur et guitariste, a solidifié ses fondations depuis leur premier album Reinventing Axl Rose en 2002. Vieille de deux ans, leur dernière visite en lien avec la sortie du sublime album New Wave apparu en 2007 fut remarquable.

Des attentes

Encore une fois, les gars de la scène de Gainesville ont su être à la hauteur. C’est un groupe franchement plus mature qui a pris, cette fois-ci, place sur la scène Tremblay pour nous lancer un amalgame de ses plus grands succès. Un moment fort de la fin de semaine. Des poils dressés sur le corps lors de la chanson White People For Peace.

Le délire

21 h 45. C’est au tour de Millencolin de faire son entrée. La foule capote. Moi aussi. La fébrilité est au maximum. Dès les premières notes, le slam, la pluie, la sueur, les cris et les sourires grimpent en intensités.

À cet instant, j’ai regardé la foule, j’ai ensuite fixé la scène, puis j’ai eu un regard vers les échangeurs qui laissaient couler la pluie par endroits. Un instant puissant. C’est alors que j’ai compris. J’ai réalisé le dynamisme que représente la culture alternative à Québec et l’organisation du Festival Envol et Macadam a trouvé l’endroit idéal pour se sceller à cet esprit. Du béton et des passionnés. L’ancrage d’une culture dans son élément citadin et poisse.

Millencolin? Un délice. Ils ont la forme les vieux Suédois! La foule monstre présente, malgré la température atroce, a eu droit à 1h30 de musique touchant à la totalité des styles qui ont marqué l’histoire du groupe depuis les 18 dernières années. Maintenant plus rock agressif, Millencolin est tout de même allé piger dans leur vieux répertoires plus punk ska. À mon grand plaisir! Les notes simples, communes à la musique punk rock, ont habilement meublé cette soirée forte en émotion. Parlez-en à cette fille à bout de souffle, que la sécurité a dû extirper du « mush pit » avant qu’elle n’y reste…

Une première soirée très réussie.

La soirée commune

Vendredi. 19 h. Qui est à Envol et Macadam? Kathryne et Nicolas ainsi qu’une poignée d’irréductibles. Définitivement, débuter un festival aussi tôt n’attire pas les foules.

Terrain vague. Terrain platte. Bref, il n’y a pas un criss de chat. Soyons francs : cette soirée laissait présager qu’elle ne prendrait jamais son envol.

Bière à la main (la première de quatre qui suivront en quelques heures), motivés – pour des raisons bien différentes : le délicieux petit corps de Fanny Bloom pour Nicolas, les looks ravageurs de Roboto et KiloJules pour Kathryne – nous nous apprêtions à être témoins de l’évolution de la Patère rose qui a pris beaucoup de galon depuis sa création, il y a plus de deux ans.

Entre les pièces de leur premier album éponyme et du E.P. sorti le mois dernier, La Patère Rose s’est laissé emporter par différents « covers », dont « Talking Heads », des Psycho Killers, dans une version renversante.

Pour Nicolas, Fanny Bloom inspire les délires d’antan de Diane Dufresne. Fanny semble prendre cette voie, en ce qui a trait à notre génération. Pour Kathryne, la jolie blondinette aux cheveux nouvellement courts s’inscrit plutôt dans la vague de l’attitude « je m’en fouttiste », lancée il y a plusieurs années par Annie-Claude, la « leader » du Duchess Says. On aime le personnage sur scène. Mais on souhaite qu’elle ne soit pas comme ça dans la vraie vie.

On s’est laissés charmer par la mise en scène du spectacle, le côté théâtral et même dansant du trio, qui se plait à s’adonner à la chorégraphie à certains moments. On n’aime moins la nouveauté « pop-Mika-Glitter », qui se ressent dans le nouveau matériel, laissant ainsi dans l’ombre le talent des hommes de Misteur Valaire.

Un « outfit » qui fait saigner des yeux

Dans la même veine des bands « Je suis une fille qui a pris de la drogue, mais ce n’est pas vrai… » – Metric, Dragonnette, Duchess Says, Midnight Romeo, etc. – s’est avancé The Do, duo mi-français, mi-finlandais, qui s’est présenté pour la première fois à Québec accompagné de deux musiciens.

Il aura fallu plusieurs chansons avant que le son ne soit adéquat. Micro trop bas. Caisse de son qui ne projette que la basse. Techniciens en paniques. Il aura finalement fallu s’approcher de la caisse de son fonctionnelle pour apprécier le spectacle.

Au menu : les pièces de leur seul album, revisité avec une touche de blues bien perceptible, qui n’a toutefois jeté personne par terre. Étant en studio depuis un an – ce qui a fait capoter Nicolas -, le duo a offert quelques nouveautés qui promettent. Vivement le second album.

Le bémol visuel s’attaque à l’accoutrement « toucanesque » de la chanteuse, Olivia. Mini tricorne sur la tête, habit rouge, jaune, vert, qui aurait eu sa place la semaine dernière pour une représentation du Cirque du Soleil, Nicolas a saigné des yeux et Kathryne se demande encore, pourquoi.

CAKE

Nicolas… seul au monde.

Les minutes furent longues entre la représentation de The Do et celle de CAKE. Interminable serait le mot juste. Et un froid de canard pour agrémenter cette attente. Cake est arrivé sur scène à 22h. En feu, mais à 22h. Un super spectacle, réunissant le vieux et le neuf. Le rock de Cake est inspirant. Joyeuse, amoureuse, cuivrée, la musique montait en intensité de minutes en minutes. 23h, le band sort de scène. Aucun rappel, aucun plaisir. Une heure de folles musiques gâchée par la restriction de temps. L’orchestre a déclaré qu’il voulait revenir, mais que l’organisation et la ville leur en empêchaient. L’organisation, eu, on déclaré que les gars de Cake ont joués aux Vedettes et qu’ils ont eux-mêmes gaspillé le temps qui leur était attitré. Un conflit. Qui croire?

Soirée mitigée pour l’ambiance, mais tout de même beaucoup de fun en compagnie de ma collègue Kathryne.

Samedi jovialité

Samedi. Présence : Kathryne. Absence : Nicolas.

 

C’est un peu éméchée du mariage que je venais de quitter (coucou Caroline Bourbonnais) que je me suis dirigée vers la « grande finale » d’Envol et Macadam. Non, je n’ai pas assisté à la finale du concours L’envol de la relève, et non je n’ai pas été témoin – oculaire du moins – de la brutalité promise sous les bretelles de l’autoroute par les Mastodon, Hatebreed, Strung Out et compagnie.

Je me suis plutôt dirigée sous le chapiteau « jovialité » (dixit Yannick Cimon Mattar) où se produisaient deux de mes formations préférées, Mother Mother et Malajube, qui nous ont laissés sur de savoureuses notes.

Trop court

C’est armé de ses « vieux » succès et de plusieurs nouveautés musicales que la bande de Ryan Guldemond a envahi dès 21 heures la scène sous la tente – où une étrange odeur de pelouse humide a d’ailleurs trôné tout au long du festival.

Les quelques pièces extraites du successeur de O My Heart annoncent un nouvel élan, complètement différent de ce qu’a produit antérieurement la formation de Vancouver. On ne sait pas encore si on aime. À juger, sur le prochain effort, qui devrait voir le jour au courant de l’année.

Reste que le problème avec Mother Mother, c’est que c’est toujours trop court. L’énergie est folle, le son est juste, les voix et les harmonies entre le chanteur et ses acolytes féminines sont formidables, mais le tout s’éteint trop vite. Toujours.

Sympathique, la formation s’est adonnée à quelque 40 minutes de jeu, livrant pratiquement les mêmes pièces qu’elle nous avait offertes lors de ses précédents passages au Cercle. Vrai qu’on ne se tannera jamais de « Body of Year » et de la pièce titre de l’album. Mais un peu de variété ne tuera pas personne. Dommage.

S’en est suivi Malajube, dangereusement en forme et étonnamment pas trop scrap, qui a ouvert sur cette simple amorce :

-       Est-ce que vous allez bien?

-       Oui!!!

-       Yes… tout le monde va bien en même temps…

On aime.

Mon co-auteur, Nicolas Lachance, qui brillait par son absence, s’attendait à une panoplie de nouvelles pièces, puisque le quintette annoncerait sous peu une sortie de disque. FAUX. Pas une nouvelle chanson, pas une nouvelle note, pas l’ombre d’une nouveauté inédite.

Mais bon. Malajube s’est quand même permis d’offrir une heure de ses plus grands succès, du premier au plus récent album, devant une foule qui buvait littéralement chacune des paroles prononcées par Julien Mineau. Chapeau à « Montréal – 40 », qui aura suscité la plus grande des réactions et à « Luna », visiblement plus rock.

Les lumières se sont éteintes à 23 heures, sous les yeux de quelques centaines de vétérans qui ont assisté aux dernières notes des bands présents. À l’an prochain, Envol et Macadam!

Les potins :

-       Un jeune punkeux qui crie : « Bonjour Montréal » au Punk Rock Karaoké avant de chanter sa toune (coucou ma coloc)

-       Une crise de vedette de la part des Spacemakers.

-       Les P.R. complètement débordées. Pas facile d’avoir une passe média à Envol…

-       We Love Danger remporte Envol toi pour l’Europe. Le band, qui a été préféré à 3D Kids et The Aversions, s’envolera à Londres, en avril prochain, pour y effectuer une tournée.

Proposition de la semaine

Crédits photos: Nicolas Lachance

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