Une rentrée biz biz biz
J’arrive près de l’entrée. Une odeur de hot-dog et de bière tourbillonne autour de moi. Je n’ai pas encore pénétré l’endroit que j’ai déjà l’impression que la soirée sera biz biz biz. J’ouvre la porte, passe la sécurité et j’observe. Le pavillon Desjardins de l’Université Laval avait revêtu ses habits du dimanche. Ça sentait les pulsions sexuelles dans tous les racoins du bâtiment servant à la soirée de lancement de la session d’automne 2010. Pour une deuxième année, Le Show de la rentrée organisé par la Cadeul avait pris possession des lieux pour offrir quatre scènes différentes à son public scolarisé.
Dès le début, l’ambiance habituelle était trafiquée. Lumières tamisées, rideaux noirs, bar rempli d’alcool… Le « free for all ». Tout était prédestiné à la désinvolture totale. Une soirée universitaire, comme on les voit dans certains films américains ne méritant pas d’aussi gros budgets. Mais bon, c’est une autre histoire.
Je m’enfonce. Je suis à la recherche d’un vestiaire pouvant garder mon manteau qui me protégeait de l’humidité grinçante présente à l’extérieur. Vestiaire gratuit. Wow. Je suis heureux et je n’ai pas encore entendu de musique.
Premier arrêt, le bar. Les serveuses sont souriantes, alors on sait que l’on fait affaire à des bénévoles. Ensuite, un seul but, disparaître dans la foule.
Je décide d’infiltrer la scène électro pour débuter ma soirée. Il est 21 h 30. La soirée débutait à 19 h 30. Trop tôt pour moi. Trop tôt pour aller entendre la scène folk. Donc, j’ai manqué le début. Plate. Pour être franc, j’aime mieux prendre le temps de souper que de me presser.
Je marche vers l’agora et je me fonds à la foule juste au moment où la formation Orange Orange entre en scène. C’est Dom Hamel et Sabrina Sabotage qui pilote ce projet d’électro pop. Simple et efficace comme duo. En un mot, le groupe est synonyme de « Sexy »! Un seul problème par contre en cette soirée, la technique. Rien ne fonctionnait pendant le spectacle. Somme toute, le son était mal ajusté, l’électricité sur scène a flanché et la foule a perdu patience. Un échec. Pourtant, Orange Orange essayait tant bien que mal de se débattre dans cette houle avalant le son. Pour rien, malheureusement.
Suivre le fil de la soirée
Je décide, avec des amis, de rester campé là. Quelques minutes d’attente et arrive soudainement sur scène Dragonnette. Ce groupe électro pop provenant de Toronto est composé de la chanteuse vedette Martina Sorbara, du bassiste et producteur Dan Kurtz et du batteur Joel Stouffer. Ils sont décidément venus dégourdir une foule d’étudiants en manque de folies. Cette fois-ci, le son était au rendez-vous! Le plaisir moins. Je trouve cette formation trop bonbon. Genre, léché au maximum. Le style ne me convenait pas. Quoique, autour de nous, les filles, elles, étaient folles comme de la « marde ». Il faut croire que le pré-mâché est populaire. Par contre, il faut avouer que la chanteuse fait un travail splendide, sauf que, du même coup, tout semble « sketch ».
En bout de ligne, j’ai foutu le camp. Pas de la soirée, mais un changement de scène était de mise.
La cassure
Je monte au grand salon. Eh oui, il sent la même chose que dans le bon vieux temps, donc la robine. Justement, à l’instant où mon nez inspire cette odeur de réjouissance, je me rends compte que mes semelles collent brillamment au sol peinturé de bières et d’alcools forts. La joie! Ces aspects respectent entièrement l’ambiance prescrite dans la salle rock qu’elle représente en ce mercredi soir.
C’est Die Mannequin qui avait la tâche de clore la scène Rock. Le moment le plus trash de la soirée. Mush pit, cuirs, cheveux longs, sueur, danseuses sont les éléments qui étaient présents au deuxième étage du pavillon Desjardins. Une vraie veillée, lorsque le côté animal de l’être humain s’exprime. J’adore. Je suis sensible à l’attitude désinvolte. Le risque d’être hors-norme. Au-delà du spectacle de Die Mannequin qui est toujours aussi intense et sale, et aussi, au-delà de la chanteuse du groupe qui a pris du poids incroyablement, c’était l’expérience de ce deuxième étage qui en valait le détour.
Sans caricaturer le moment, ça sentait le rock and roll. Tout simplement. Le désordre, les tabous, l’impression du « sans lendemain » flottaient au-dessus du désir d’obtenir un diplôme universitaire. J’en ai pris une grande « puff », puis je suis allé voir ailleurs…
Impossible.
La file d’attente pour entrer au Pub était infiniment longue pour aller assister au combat des DJs animé par Jean-Thomas Jobin. Or, pas de « Battle » ni de blague absurde.
De toute manière, Morphée n’attendait plus que moi. Pas trop de folies! N’oublions pas que la session est entamée!
Je sais, plusieurs d’entre vous ont le désir de me lancer des roches, croyant que j’ai détesté mon expérience. Voyons! En vérité, j’ai eu beaucoup de plaisir à naviguer dans cette mer de monde. Sans hésiter, je peux dire que le concept des quatre scènes est intéressant et que la programmation était correcte. Cependant, il existe des dangers qui peuvent découler de ce type d’événement, dont l’intégration de la réussite technique, parallèlement à la maximisation des groupes et des scènes. De plus, le fait de mettre l’accent sur une programmation si éclectique et disparate, se doit, d’être à l’heure de l’actualité et de la convoitise du public. Or, lorsque le groupe Dance Laury Dance fait la couverture du journal Voir la même semaine que son spectacle, on s’arrange pour qu’il ne joue pas en tout début de soirée. Surtout, lorsque les fans sont encore à table et qu’ils n’ont toujours pas reçu leurs entrées.
En somme, il y a place à l’amélioration, mais les bases sont présentes et les intentions sont bonnes. Des événements comme celui-ci sont grandement appréciés et j’espère y retourner l’an prochain. Je suis certain que cette soirée sera encore plus réussie.
Sur ce, je vous souhaite une excellente rentrée scolaire et bien du plaisir.
Nico




« Une soirée universitaire, comme on les voit dans certains films américains ne méritant pas d’aussi gros budgets. Mais bon, c’est une autre histoire. »
Ça vaut 1000$. Je veux entendre l’autre histoire.
k.