www.monavis.versa
En ces temps troublés où l’information crépite comme la pluie drue sur une vieille tôle ondulée, nous ne prenons plus le temps de nous arrêter. Nous cliquons, nous textons, nous twittons. Nous actualisons. Ah, tiens, une bombe artisanale a causé la mort d’un soldat. Un cardinal qui s’en va. Josée vient de s’acheter un ti pitou. Il a mordu l’orteil de son pinson à gorge rayée. Jacques et deux autres personnes aiment.
Les tribunes se multiplient : blogues, téléphones, sites d’opinions. On donne notre avis sur tout. Elle sera nécessairement éclairée, non? Puisque nous sommes à l’ère informationnelle. Nous savons tout!
Prenez le temps de lire ce chef-d’oeuvre de Clovis (en deux parties), qui questionne notre époque, qui nous rappelle que le négativisme ne nous mène jamais loin, et qu’il est primordial de se mettre en contexte lorsque l’on juge son prochain…
- Pat Plante
Lundi soir, y’pleut. TVA, V et Radio-Canada se sont donnés le mot pour projeter en simultané les pires émissions de leur programmation. Je me tourne donc vers un autre médium pour m’aider à assassiner les minutes qui semblent passer comme des heures. Heureusement, je trouve réconfort, comme dans une doudou un soir d’hiver, dans le mystérieux monde des WWW. Un monde immense qui semble briser toutes les barrières et qui me permet d’être le seul et unique maitre de ma destinée.
Je navigue, je navigue… pour finalement me rendre compte que je dérive vers un site Internet qui soulève en moi plusieurs questionnements. J’accoste finalement mon embarcation au www.monavis.ca et je m’empresse de défricher l’endroit, un peu comme un explorateur le ferait en arrivant dans une nouvelle contrée. Je réalise que ce site permet, à tous et chacun, de notifier une entreprise du secteur tertiaire.
Avant de vous apporter plus loin dans ma quête, j’aimerais vous glisser un mot sur les vertus magiques que possède le monde mystérieux de l’Internet. En effet, celui-ci à la capacité de fournir un pouvoir phénoménal à toute personne qui s’aventure sur ses terres. Le pouvoir de choisir, de comparer, de se renseigner, de critiquer, etc. Bref, il donne la capacité à chacun d’entre nous de se muer en un immense porte-voix en créant des tribunes virtuelles. Une tribune avec une portée infinie et ce, sous la tutelle de l’anonymat, ce qui nous permet en plus d’acquérir une certaine immunité contre toutes représailles, un peu comme le ferait une potion magique. La preuve, je vous écris et vous me lisez.
Par contre, qui dit pouvoir, dit responsabilité! C’est dans ces mots que le questionnement prend toute son essence :
- Sommes-nous assez responsables pour autogérer ce pouvoir qui nous est attribué?
- Sommes-nous assez qualifiés pour utiliser ce pouvoir comme bon nous semble?
- Sommes-nous assez lucides pour comprendre l’impact de nos propos sur les autres?
- Sommes-nous assez honnêtes pour dire les vraies choses?
Le doute plane…
Maintenant, revenons à notre sujet, lundi soir, y’pleut. Je suis sur www.monavis.ca et je lis sur vous, sur eux et sur moi. Je me prends pour un explorateur et soudain je tombe nez à nez avec une sorcière. Une vraie de vraie sorcière qui du haut de son clavier substitué à sa baguette magique, critique à outrance, tous et chacun, personne n’y échappe. Elle signe sous le nom de maggieloup09. Intrigué par sa critique volubile et gratuite, je constate qu’elle est l’auteure d’environ 60 critiques. La quasi-totalité de ces dernières sont négatives. Elle clame haut et fort sa capacité et ses compétences à critiquer vu qu’elle a déjà habité à Montréal…
Maggieloup09, ce texte s’adresse à vous.
Bon, arrêtons les métaphores d’aventuriers et passons aux choses sérieuses. Le problème n’est pas concentré uniquement dans Maggieloup09, mais bien dans les milliers de pseudo critiques culinaires qui sommeillent sur ce genre de site.
Je n’aime pas, mais pas du tout. Pourquoi?
Premièrement, pour le non-sens de la critique anonyme qui engendre, selon moi, rien d’autre que des constats biaisés et sans fondement en supprimant toute crédibilité étant donné que chaque critique, positive ou négative, peut avoir été écrite par la main du propriétaire lui-même, de ses amis, de ses compétiteurs, etc. (name it)
Deuxièmement, pour la tendance ridicule de l’être humain à confondre compétence perçue versus compétence réelle. Dès lors, tout le monde est sommelier, maître d’hôtel ou chef cuisinier vu qu’ils ou elles écoutent Ricardo, le Maître du Grill et reçoivent 3 ou 4 amis à la maison à tous les mois.
Et finalement, pour le manque de nuance et de mise en contexte. La restauration est un métier influencé constamment par des facteurs externes et internes qui, selon moi, doivent absolument être pris en compte avant de formuler quelque critique que ce soit.
Je n’excuse pas les faux-pas de mes amis restaurateurs, hôteliers et autres, mais je m’efforce de vous démontrez l’importance de nuancer les propos relatés sur ce genre de site.
Ceci était dit, afin de donner encore plus de poids à mes propos, j’ai plutôt décidé de m’inspirer du cas de Maggieloup09 et de ses amis en leur laissant le choix de ma sortie de la semaine. J’allais donc aller exactement où ils me conseillent de ne pas aller en cherchant un restaurant victime des foudres de nos amis vampires de la critique.
Choix de sortie de la semaine : Le Versa sur rue du Parvis.
Ah! J’aime l’idée. J’aime le fait que le restaurant ne peut désormais que me charmer après avoir fait l’objet des pires critiques : dispendieux, sans structure et sans réel point positif (selon les commentaires sur le site). Mes attentes étaient donc autour du zéro absolu…
(la suite dans le prochain article)




Vraiment bon. C’est une réalité .. tous les gérants d’estrades peuvent impacter (positif ou negatif)les organisations ciblés dans leur critique ouvertes. Et lorsqu’on prend du recul comme tu l’as si bien fait dans ton article, certaines critiques portent atteinte à notre intelligence. Au moin le site web signe automatiquement « c’est mon avis et je le partage » à tous les commentaires. Ils ne devraient cependant pas permettre aux gens poster de façon anonyme.. J’ai bien hate de voir la suite de ton article!!
Bien d’accord Clovis!
Après être mis au courant de l’existence de ce site, je suis allé lire quelques commentaires concernant des restaurants dans lesquelles j’avais travaillé, que j’affectionnais ou que je détestais tout simplement!!
Certaines répliques m’ont surprises par leur manque de pertinence et de crédibilité ce qui « tâchent » sans aucun doute la réputation de l’établissement.
Je crois que l’important dans ce style de site est de se fier selon notre bon jugement quant aux commentaires écrits. Certains sont intéressants, vrai, mais quand je vois quelqu’un qui écrit que « ça goûte la marde », je me dit que ce jeune surdoué n’a pas été chanceux dans sa vie afin de pouvoir comparaître un plat à « dla marde »!
Bref, les goûts sont différents pour chacun et la meilleure façon de juger un restaurant, c’est tout simplement d’y aller et de faire sa propre opinion!!
Bien d’accord! Et rares seront les fois où tout sera désagréable…pourquoi ne pas focusser sur ce qu’il y a de positif et laisser une deuxième chance? Peut-être que la situation n’était pas favorable à vous satisfaire cette soirée là.. Ou tout simplement ne plus y retourner sans avoir à cracher dessus!
La plupart aime juger, que ce soit les gens, les restos, les entreprises, mais rien n’oblige de le faire à tords et à travers..
Merci Clovis de comprendre notre réalité…
Nous sommes des artisans culinaires qui doivent travailler des heures et des heures par semaine afin de faire vivre non pas des moments, mais des secondes extraordinaires à nos clients…Ces « vampires » comme vous les appelez, sont généralement des êtres sans fond qui ne prennent aucun autre plaisir que de rabaisser les gens qui tente de faire de faire plaisir aux autres…
Nous avons eu d’excellentes critiques sur des blogues,les journeaux, Open Table ou autres…
Merci encore Clovis de parler haut et fort…les restaurateurs de Québec seront derrière vous…je passerai votre mot à mes confrères…
Christian Veilleux
Propriétaire
Versa