Musique urbaine dans les bois
Au début, je ne comprenais pas. Pour être franc, je ne vois toujours pas pourquoi cette mode a existé. Pantalon de poil rose. Mèches de couleurs fluorescentes. Bracelets de billes multicolores. T-shirt qui fait saigner des yeux. Sucette. Collier de light stick vert extraterrestre. J’avais dit non à cette époque ludique. La majorité des personnes s’attriquaient de cette manière, au moment de s’éclater sur les pistes de danse des raves. Mais, pour d’autres, on parlait de style vestimentaire et musical permanent. J’ai eu peur pour quelques-uns de mes amis (es). Je me disais au plus profond de moi-même que le techno et les raves avaient été inventés pour voler l’âme des humains. L’absurdité grinçante d’une nuit complète à se faire des massages sur des sons électroniques bousculant, costumé comme « Chubaka » et en ayant consommé une quantité rocambolesque de drogue chimique me donnait envie de changer de planète. J’étais découragé.
Pendant longtemps, j’ai eu cette image de la musique faite à l’aide d’ordinateurs. Les tonalités électroniques étaient pour moi synonymes de secte branchée sur de la fausse musique qui hypnotisait l’intelligence humaine.
Je m’étais trompé. Pas pour le style vestimentaire de mongole, mais bien pour ce que l’électro amenait d’intéressant dans nos oreilles. J’avais trop en tête que la musique électronique était une déviance du techno. « Fail ». Je ne sais pas si je faisais un lien louche entre les deux terminaisons, mais il reste que je me suis tiré une balle dans le pied à force de me refuser à vouloir renifler le genre en mettant de côté des projets musicaux formidables. Parfois, dans la vie, on est « bucké » sur une idée et l’on oublie de goûter avant de juger. Avouez que ça vous arrive aussi!
Mais on change… Non?
D.J champion est, un jour, apparu, comme ça, sur la scène musicale québécoise. Et là, j’ai compris. J’ai saisi ma chance de changer et j’ai plongé. Sauter fut une excellente idée, parce que j’aime ce que j’y ai découvert. Champion, OK. Mais aussi, pour toutes les petites choses infiniment plaisantes sur lesquelles, il m’était maintenant possible de m’attarder.
En écoutant, de plus près, plusieurs projets d’artistes de la scène électro, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas vraiment de façon unique d’utiliser les nouvelles technologies, mais en fait, qu’il y avait un ensemble infini de possibilités musicales qu’ils étaient possible de manipuler.
Alors, lorsqu’un artiste prend l’avenue électronique, il se dirige souvent vers un chemin plus ouvert, plus vaste. Un groupe hip-hop voudra appliquer un groove sur un refrain. Un artiste acoustique peut décider d’y modeler un tempo réfléchi. Un groupe rock accentuera peut-être son désir d’atteindre le rugissement du tigre. Un chanteur y agencera assurément un rythme électronique bestial pour y fusionner sa voix. Pour le DJ, il modélisera des « beats », créera des mixtes sonores, s’amusera avec les chansons des autres, zigonnera, taponnera, improvisera, sur son ordinateur et sera accompagné parfois de musiciens pour nous faire danser comme des fous. Sans drogue ni pantalon de poils. Bon, sans drogue, c’est selon, mais pour moi, la vraie drogue est celle de cette musique qui alimente joliment mes soirées.
Ce genre de soirée très diversifiée, vous aurez la chance de le vivre le 5 septembre prochain au Mont Sainte-Anne dans le cadre de la soirée POW WOW ÉLECTRO organisé par Gestev et qui viendra clore les activités en liens avec les Championnats du monde de vélo de montagne.
Exposons ici les grâces d’une soirée qui devrait atteindre le zénith du plaisir :
Shuttle
Projet solo du batteur de Passion pit, Shuttle est du style DJ mixant des rythmes déjà connus avec ses coups de cœur personnel. Pour s’amuser, il aspire à rendre hystérique quiconque se retrouve sur sa piste de danse. Les prestations de Shuttle se situent habituellement dans la lignée de la musique house , mais il faut avouer que c’est bon, efficace et que ce gars a beaucoup de talent. Danse garantie.
Does It Offend You, Yeah?
Plus rock, Does it offend you, yeah? Est un mélange hybride du pop rock et de manipulations électroniques charnières. Vous y retrouverez beaucoup d’influences des années 80 qui seront provoquées par le son d’une batterie éclatée et d’une surdose de synthétiseurs. De plus, le fait que le groupe manipule la voix du chanteur augmente l’énergie électronique qui déferle sur les pistes du groupe. Très pop. Très sucrée.
Cougarettes
Décapant. Cougarettes résonne comme une tonne de brique. Le groupe fusionne le rock et l’électro à merveille. Les chansons sont meublées de cassures vocales très puissantes poussées par Cardy la chanteuse de la formation. Parfois punk, parfois pop, la musique de Cougarettes déchire à la façon 8-bit (inspiré des sons des consoles de jeux). Ils vous surprendront, j’en suis convaincu.
Plastiscines
Musique nouvelle vague arrivant de la scène rock française, mais chantée en anglais, Plastiscines se situe beaucoup plus sur la voie du populaire que celle de la musique électronique. En fait, on parle ici de quatre chix jouant du pop rock, très bonbon, et ce, sans aucune influence électro. Avec leurs refrains accrocheurs, les poupounes divisent la critique. Mais reste qu’elles ne passent jamais inaperçues partout où elles vont. Rien n’est réinventé, rien ne surprend, mais ça marche. Elles sont fortes de leur dernier album Bitch, où elles se définissent comme des super bitchs. Sans vous en apercevoir, vous aurez soudainement le regard fixé sur eux.
Kele
Chanteur et guitariste de Bloc Party, Kele Okereke a dernièrement lancé son premier album solo. Mise au point à Brooklyn, son album Boxes contraste énormément de ce qu’on lui connaît avec la formation Bloc Party. Plus « house », plus 2 step (style électronique typique aux Anglais. Ex : The xx, The Streets), Kele donne dans la performance vocale avant tout. La majorité des gens connaissent son gros succès TENDERONI qui est très « piste de danse ». Cependant, cette chanson est une exception à la règle de son disque. Après quelques écoutes, je dois avouer que j’aime bien ce projet solo, sauf que je souhaite qu’il revienne un jour, en force, avec BP. Goûtez-y vous-même, et écoutez les deux tons que l’on retrouve sur cet opus!
Girl Talk
Girl Talk c’est en fait, Gregg Michael Gillis. Un jeune homme de Pittsburgh étudiant dans le domaine de la biomédicale. Louche, n’est-ce pas? Pas vraiment, je dirais un homme en marge. Il est comme l’ado, un peu geek qui reste seul dans sa chambre et qui étudie. Le soir venu, il change son costume et sort dans les bars faisant danser les jeunes durant des heures. Tout bonnement, comme ça, il devient une rock star. Le rêve! Bien sûr, ceci est imagé, mais Girl Talk semble être tout un personnage.
Ce qu’il y a de bien avec la musique de Girl Talk, c’est que vous serez capable de reconnaître, dans chacun de ses mixtes, une pièce que vous aimez. Donc, il crée des « Mash up ». Plus précisément, il se sert de plusieurs chansons (au moins deux) déjà existantes, pour ensuite les manipuler et en faire une seule trame. En plus de remixer des pièces, GT joue avec les sonorités électroniques qu’il ajuste sur son ordinateur portable. D’autres fois, sa musique frôle l’expérimental. N’ayez crainte, car tout ce qu’il touche se transforme en folie et les gens présents en fous sur des pistes de danse. De toute manière, c’est la pop qui survole en grande majorité ses prestations.
Curtis Santiago fera aussi partie de cette fête, mais lui, vous le connaissez déjà. Sinon, allez lire l’article Punk rock ta vie.
Bref, une grosse soirée en perspective! Oui! Oui! Oui!
Nico.




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