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Québec via Paris Grill

Québec via Paris Grill


Je ne suis pas sociologue, mais je peux quand même affirmer que nous, Québécois, avons un dégoût total face à la réussite. Nous prenons un vilain plaisir à détester ceux qui ont su trouver la formule gagnante avant nous. Jalousie? Sûrement. Dans une société où le déménagement s’exécute en chœur le 1er juillet, le simple fait de dépasser un peu dans la marge, provoque colère et lubrification de la machine à salissage. On déteste Pier-Karl Péladeau, Céline Dion, Wal-Mart, etc. Par contre, on vénère le p’tit commerçant du coin qui travaille dur et qui donne son «stock», un vrai Québécois qui n’a ni plus ni moins que son voisin. Nous avons cette triste et ridicule habitude de niveler vers le bas. Vous savez quoi? Y’en a marre!

Comme si, pour arriver au sommet, il faut être incontestablement un escroc, un menteur, un exploiteur ou tout simplement chanceux. Bref, être le gros méchant qui réussit en exploitant le pauvre p’tit travailleur qui se donne corps et âme pour un « boss » sans scrupule. Quand même très drôle, sachant que 80 % des vols à l’intérieur d’une entreprise sont commis par les employés. La phrase ne devrait-elle pas être inversée et plutôt se lire comme suit : le gentil patron qui donne de l’ouvrage aux méchants employés? Non! Parce que réussir c’est mal, être dans le haut de la pyramide c’est mal. Pourtant, si on regarde d’autres sociétés, par exemple les Américains, réussir c’est bien, même glorifié. De surcroît, être Américain pour nous c’est mal…

Inévitablement, on oublie ou on fait fi de la réalité, pourtant évidente, que, pour se retrouver au sommet, il faut généralement une bonne dose de passion, de volonté, de motivation, de force pour pouvoir travailler jour et nuit, de talent, d’être constamment en remise en question afin de s’améliorer, de surmonter la critique, de gérer le stress, de se renouveler, de performer, de performer, et encore performer, car on le sait, le plus difficile réside dans les stratagèmes déployés pour rester au sommet.

Dès lors, je ne peux qu’être en admiration lorsque je rencontre des gens, qui selon moi, répondent à ces critères, et ce, depuis plusieurs années. Ceci dit, avec la peur de me faire critiquer ou traiter de sell out en moins, je me lance dans le vide, comme un artiste du Cirque du Soleil sans filet, j’aime le Groupe Restos Plaisirs. Je sais, je sais, j’encourage et fais la promotion d’une grosse machine corporated et non du petit café du coin. Je suis un mauvais citoyen. Vous savez quoi? Je m’en fiche.

Think big!

Cette observation socioculturelle m’est venue à la suite de ma dernière visite au Paris Grill dans leur nouveau local, situé dans le complexe Jules-Dallaire. J’étais tout bonnement assis au magnifique bar en zinc importé de France à siroter mon café,exécutant le bilan de mon expérience culinaire, quand j’ai soudainement eu l’idée des prémisses de cette chronique. Un hymne au professionnalisme et à ceux qui ont réussi.

J’ai choisi le Paris Grill, toutefois celui-ci n’est pas le seul à qui on pourrait faire cet éloge. On n’a qu’à penser à son voisin d’en face… Y’en a tellement, mais on ne prend seulement pas le temps de leur dire assez souvent.

Loin d’être le simple fruit du hasard, mais bel et bien grâce à la convergence d’années d’expériences, de professionnalisme, d’expertise, de soucis du détail, j’étais satisfait. J’étais satisfait que le barman se souvienne de la sorte de bière que j’avais bu 3 semaines auparavant, satisfait de zyeuter un menu beau et bien équilibré, satisfait de me faire conseiller avec justesse, satisfait de bien manger, satisfait de me retrouver dans un bel endroit et satisfait de vous parler présentement d’eux.

Pour ceux que ça intéresse, je me suis laissé tenter par leur menu Paris Plage et la bavette de veau sauce Béarnaise. Un délice! Même qu’à mon retour à la maison je me suis mis à me renseigner sur cette sauce afin de la recréer. Par contre, il me manque un ingrédient bien important, le savoir-faire. Un article qu’on ne retrouve « malheureusement pas en vente à la livre au dépanneur du coin » pour paraphraser mon vieux père, mais bien quelque chose qui se bonifie avec le temps. Comme du bon vin.

À une époque où l’accès à des sites Internet à la pertinence douteuse tel que, monavis.ca, je trouve important de me servir de cette tribune afin de justement féliciter ceux qui tiennent le cap et qui travaillent jour après jour afin de transformer leur nom en un sceau de qualité.

Longue vie!

Le Paris Grill et le Groupe Restos Plaisirs, Québec t’aime.

7 commentaires pour “Québec via Paris Grill”

  1. Un seul mot : « canon » ton article!

  2. Très bon article Clovis! On peut voir que toi-même tu connais le domaine et fais des efforts pour offrir à la population un produit de qualité. Je ne crois pas que ce soit péché d’aimer les grandes entreprises et leur succès. Au contraire, elles sont exemplaires et devraient plus souvent être une source de motivation. Merci!!

  3. Il faut du bien d’entendre de tels commentaires (notre attitude face aux biens nantis de notre société) de la bouche de gens qui sont à bâtir notre société.

    Bravo! (et oui c’est superbre le Paris Grill)

  4. Bien d’accord! Excellent article Clovis! Et grande entreprise est aussi souvent gage de constance et standardisation, on aime

  5. La jalousie québécoise envers le succès d’autrui est un sujet fascinant.

    Merci Clovis de saluer le professionnalisme et les efforts de ceux qui croient à la restauration bien faite et à la qualité de la bouffe. Merci de nous nourrir de ta plume juste et éclairée, toi qui connaît les rouages de la cuisine et de sa gestion mieux que quiconque. Tu nous apportes davantage qu’un simple opinion, mais un avis forgé dans l’expérience et la sueur.

    Merci Groupe Resto-Plaisir pour vous battre à chaque jour afin de maintenir vos standards.

    Let’s do it. Comme y disent.

  6. EXCELLENT ARTICLE ! TRÈS BIEN COMPOSÉ, BRAVOS CLOVIS! TU AS SU DIRE CE À QUOI JE PENSE D’UNE FAÇON INCOMPARABLE. TU M’AS AUSSI DONNÉ LE GOUT D’ALLER VISITER CET ENDROIT.

    MERCI.

  7. Contrairement aux commentaires qui me précédent, je ne vais pas faire l’éloge de votre article bien que je le trouve fort intéressant. N’étant pas d’origine québécoise ou comme on dit par ici « Québécois de souche » (terme que je déteste d’ailleurs), je n’ai pas tout à fait la même vision de la société québécoise que vous. Je ne crois pas que les Québécois ont un dégoût, comme vous le dites, plus prononcé sur ceux qui réussissent que d’autres peuples. Je pense que c’est important de nuancer ici et de ne pas tomber dans la généralisation… Je crois que les Québécois sont très fiers de Céline Dion et si on entend parfois des critiques à la radio de certains animateurs ou à la télé de spectateurs, c’est pas un truc généralisé. La preuve c’est quand elle vient ici, ses spectacles sont toujours complets à l’avance. Même chose pour le wal-mart (pas très comparable), mais au sens où c’est toujours plein ! En fait, les Québécois sont quand même « américanisés » plus qu’on le pense et ç’a été une influence inévitable vu la proximité, mais ont réussis à garder leur authenticité. Ce que je trouve très bien. Je ne veux pas qu’on devienne des Américains chauvins voulant conquérir le monde et en voulant devenir de plus en plus BIG BIG BIG. Ce que je veux dire au fond, c’est qu’on peut encourager les commerçants locaux tout en profitant en même temps des choses qui se font au niveau plus commercial… Et je crois que c’est ce que les Québécois font. Une dernière chose, critiquer Wal-Mart ce n’est pas nécessairement mépriser les entreprises qui réussissent, c’est constater à quel point eux peuvent mépriser l’être humain et l’exploiter sans scrupule pour offrir des bas prix quasiment impossibles… Enfin, j’espère que vous avez compris ce que j’ai voulu dire !