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Dessine-moi un théâtre

Dessine-moi un théâtre

Chronique Sur le tapis roux

C’est l’été, vive l’été et le théâtre d’été.

On tend souvent à croire que le théâtre d’été propose un espèce de divertissement de bas étage où acteurs débutants et metteurs en scène peu recommandés se paient la traite. C’est faux.

Faux. Faux. Faux.

Le théâtre d’été est un théâtre très léger, certes, mais pas pour autant de moins bonne qualité. Oui, c’est drôle, oui, notre cerveau n’a pas besoin d’être en force maximale pour l’apprécier, mais ça ne signifie pour autant que c’est moins bon. Bon.

Voyons le théâtre d’été comme une initiation au théâtre de la saison régulière. Comme une manière d’apprivoiser cette programmation forte en qualité qui attaque nos salles de spectacle à l’automne.

Parce que le théâtre qu’on retrouve en saison régulière est souvent « lourd », dans le bon sens du mot. C’est porteur de sens. Le divertissement est définitivement relayé au second plan, au plus grand bonheur des défenseurs de cet art.

On va expérimenter, tenter de faire passer un message, on va y aller avec des textes qui sont parfois difficiles à suivre – pensons uniquement à L’École des femmes, de Molière, présenté au Théâtre La Bordée ce printemps, qui est écrit en alexandrins de long en large. On va tenter de réinventer la pièce, de pousser la mise en scène plus loin, etc.

Le théâtre d’été permet de se détacher de cet aspect plus intense, disons, pour s’adonner à la bonne vieille base de l’art : des acteurs sur un stage qui joue une pièce pour t’amuser. Kin toé.

Et comble du plus grand bonheur, Québec détient en ses murs trois endroits bien actifs dans ce type de présentation.

Le théâtre La Fenière, dans le secteur de l’Ancienne-Lorette, est le premier à avoir vu le jour dans la capitale. Chaque été, l’endroit propose deux ou trois pièces. Cette année, c’est trois.

En ce moment, et jusqu’au 7 août, c’est la comédie Le lac Langlois, d’André Jean, qui prend l’affiche. La pièce relate l’histoire de deux beaux-frères qui se rendent pour une partie de pêche, au lac Langlois. On pourrait s’attendre à des discussions d’hommes virils, à de grosses gorgées de bière et la prise de gros poissons, mais non! Leur voyage sera perturbé par la présence d’un garde-pêche pointilleux et l’arrivée imprévue de leurs compagnes… Notons que Carol Cassistat – Télé-Pirate ! – , qui est le directeur du théâtre, fait notamment partie de la distribution.

À Beauport, le théâtre de la Dame blanche présentera du 22 juillet au 28 août un classique du théâtre québécois, Les Voisins. La comédie de Claude Meunier et de Louis Saia se veut une rencontre quasi banale entre des voisins, où on tente de meubler le silence par des anecdotes et même des jeux de société.

Pour terminer, au Théâtre Petit Champlain, c’est le retour, pour une quatrième année consécutive, du Dîner de cons, jusqu’au 28 août. Tout le monde a vu le film, là, on l’adapte au théâtre. On se rappelle de Pierre Brochant et ses amis qui s’amusent à organiser un dîner où chacun doit amener un con. Celui qui a trouvé le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Rappelons-nous de François Pignon, ce comptable au ministère des Finances, qui est le roi des cons mais qui déclenchera aussi de belles catastrophes. Les comédiens Emmanuel Bédard, Jean-Michel Déry et Hugues Frenette sont de la distribution.

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