Fais moi rire 11 fois
Je suis tombée en amour 11 fois. Onze fois. Pas une de moins. Je suis tombée amoureuse de ces 11 finissants de l’École nationale de l’humour qui se sont élancés tels des professionnels sur la scène de l’Impérial dimanche soir dernier, dans le cadre du Grand rire.
Ne vous méprenez pas du terme « finissants », qui pourrait vous donner des idées de grande finale régionale de Secondaire en spectacles. On est loin de ça. Ohhhh qu’on est loin.
Les jeunes en étaient hier à la 37e représentation de ce spectacle qui se promène tout l’été aux quatre coins du Québec. Et ces mêmes jeunes tentent depuis deux ans de mettre la main sur leur style. De se développer, pour pouvoir mieux percer en tant qu’humoriste.
Les 11 se sont trouvés.
À tour de rôle, les 11 finissants s’exécutent dans de très courts numéros d’à peine huit minutes. Trop court, mais juste assez long pour nous donner envie de s’amuser avec eux durant plusieurs heures.
La mise en scène bien ficelée, signée Dominic Anctil, exploite ingénieusement différentes projections qui serviront à introduire chacun des humoristes en herbe. Dans une véritable « chorégraphie », les finissants alignent chacun des 12 cartons blancs en fonction des projections, pour nous plonger dans l’univers déjanté de chacun des performeurs à venir.
C’est à Pierre-Bruno Rivard – le cousin de la célèbre Pascale Picard, qui se trouvait dans la salle, by the way – qu’est revenue la lourde tâche de briser la glace. « Oui, je m’appelle Pierre Bruneau. Comme le lecteur de nouvelles à TVA. Vous devriez voir ma sœur, Bernard Derome », s’est exprimé d’entrée de jeu le jeune homme, qui a axé son discours sur l’anecdotique. Un numéro sans artifice, efficace, qui aura permis de bien réchauffer le public.
Je vous avertis, je ne m’éterniserai pas sur tous les numéros. Certains ont marqué, d’autres ont déçu, certes, mais tous auront réussi à séduire à leur manière. Du méchant malade qui allie danse et performances étranges, à la timide professeur qui débarque avec une corde à linge planté dans la tête, en passant par cet homme qui tente de nous convaincre que les enfants, « c’est destructeur », on aura tout vu.
Reste que de la graine de Louis-José Houde et de Rachid Badouri, il y en a eu dans ce défilé. Pensons notamment à Dominic Roch-Sickini, qui est arrivé sur scène, l’air perdu, vêtu d’un short et d’un T-Shirt jaune. « Salut! Moi c’est le soleil », a lancé l’humoriste, avant d’entamer une série de blagues loufoques sur l’immense boule de feu. « J’ai des cut sur Sunchips, Sunfire et Sonia Benezra ». Hilarant. Brillant, malgré son air définitivement déficient.
Jérémie Larouche s’est pour sa part transformé en prêtre issu du ghetto. « Bethleem represent! ». Bien assis sur ses talents de rappeurs, l’humoriste a mis le paquet, terminant son spectacle par une chorégraphie hip hop mettant en vedette quatre autres finissants. Parfait, dans le contexte où se situe la popularité de la religion, à l’heure actuelle.
On aura remarqué aussi le plus jeune du groupe, Adib Alkhalidey, le coup de cœur de la soirée avec son afro immense et son look désinvolte. Bon matin gueule de l’emploi! Très à l’aise dans son numéro, fluide dans ses paroles, il a su plonger l’auditoire dans son enfance, alors qu’il a été victime d’un accident de… cheval. « Savez-vous combien de personnes n’auront jamais à prononcer cette phrase dans leur vie? », martelait-il.
On devra par contre surveiller de près, de très près, Pierre-Luc Pomerleau, qui a définitivement remporté la palme du professionnalisme ce soir-là. L’humoriste est arrivé sur scène déguisé en bibitte à patates. Il passe une audition pour une publicité. Les « producteurs », insatisfaits, lui demande de rejouer la scène encore et encore. On verra Coco, la coccinelle tenter d’attirer les enfants, de séduire les ados, de faire plus de gestes… avant de la voir s’enflammer. SUCCULENT.
Définitivement, Québec a de quoi être fier de ces nouveaux talents. CHAPEAU! Et à l’année prochaine.




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Parfait ! bien exploité ! ca donne envie !
ca donne 11 fois envie !
Normal que ça soit bon : ya du Pomerleau là dedans
! Le preacher du ghetto est aussi pas mal bon. Sérieux, ça fait trois ans que je vais voir ce show des finissants de l’ENH et je n’ai jamais été déçu! Il passent d’habitude deux fois à Qc : durant les soirée Palpitantes et durant le Grand Rire.