Un bol de musique S.V.P.
Maussade… Du moins, les gouttes ne cessent de pleurer du ciel. Le vent frappe étroitement les fenêtres et parvient à pénétrer mon appartement par une petite fente dégagée intentionnellement. Les rideaux du salon dansent, composent des mouvements souples, parfois brusques et en d’autres temps, complètement désinvoltes. Le plafond à l’extérieur est bas… très bas. Cette journée grise se transforme en un jour de noirceur. L’ennui!
Les arbres épousent une chorégraphie hors du commun. Les branches et les feuilles explosent dans tous les sens gravitant de haut en bas et de gauche à droite en des temps continus. Drôlement, tous les éléments oscillant dans le souffle de la tempête semblent être au tempo de la musique ambiante qui joue sur mon ordinateur. Cette musique qui essaie de rendre une journée pluvieuse en instant clair et limpide.
Peu importe, nous sommes samedi, et je travaille les soirs de sabbat. Ainsi, après une demi-journée à pianoter sur mon ordinateur dû au mauvais temps, je dois me résigner et aller vivre la tempête de l’extérieur. Il faut bien se rendre au travail.
Difficile de vivre une journée aussi pénible pour l’esprit. Il ne faut pas penser que ma job soit désagréable, loin de là… Mais l’endroit où je gagne l’argent qui paye le loyer n’est pas très fréquenté lorsqu’il vente et qu’il pleut à tout rompre.
Je termine habituellement mon quart de travail vers 22 h. Ce 5 juin n’en fera pas exception. La journée est demeurée triste. Le travail change le mal de place, mais je ne suis pas rassasié! Je n’ai pas le désir d’aller dormir dans un état de platitude, car je déteste aller au lit sans avoir eu ma dose de vie sociale. Le sevrage ne m’intéresse pas.
Donc, je propose à mes collègues de travail une petite virée, question de respirer l’air de Québec en ce samedi soir obscur.
J’avais eu l’information comme quoi il y avait une soirée DJ à La cuisine et qu’il ne fallait vraiment pas manquer ça! Alors, sans trop avoir à convaincre mes compagnons de route, nous nous sommes tous dirigés en basse-ville pour vivre une soirée qui allait être, selon les ouï-dire de mes amis, étonnante!
Il faut dire que j’étais surpris qu’il y ait une soirée musicale à La cuisine. Pourquoi? Parce qu’il s’agit, en premier lieu, d’un restaurant conceptuel. Comment conceptuel? Et bien, on parle ici d’un resto « old style » ou « comfort food » où l’on peut y manger de la bouffe réconfort comme seule notre grand-mère bien-aimée sait la préparer.
À titre d’exemples : des pâtés, des ragoûts, des mijotés, des lasagnes sans oublier des menus végés que les chefs vous auront préparés et variés chaque semaine. Le comptoir à service sert à la fois de bar, de cuisine et avec surprise d’emplacement pour le DJ et ses tables tournantes. Pour ce qui est du décor, il est figé dans le temps. Style années 60, il reflète le passé, le kitsch et l’imparfait… Couleur pastel lime, meubles remplis d’artéfacts, vaisselles hétéroclites, chaises et tables rétro. Le parfait bonheur. Il ne manque que l’odeur du steak dans la vieille poêle en fonte et je me sentirais comme chez feu grand-maman.
Pour mes collègues, il s’agissait de leur première expérience dans cet endroit mythique. Je n’avais aucune idée du genre de soirée que j’allais leur faire vivre.
Nous ouvrons la porte et apparemment les DJ sont déjà à l’œuvre. Il est 22 h 30 et je suis affamé! J’ai faim de nourriture, car le travail m’a creusé la dalle et faim de musique, car… j’aime la musique, tout simplement. Les deux sont à ma disposition. De plus, mes amis semblent ravis de l’environnement où je les ai amené! Tellement, qu’ils n’ont pas pris le temps d’enlever leur imperméable qu’ils étaient déjà manette en mains pour jouer au motocross sur le Nintendo original mis à la disposition de la clientèle.
La salle est encore tranquille, mais je sens qu’il y a de la frénésie dans l’air. Je me commande un pâté chinois et une pinte ambrée de la microbrasserie l’Alchimiste de Joliette. Le repas est simple, efficace, sympathique et la bière est fruitée… un régal.
Mais bon, je suis venu à La cuisine pour y vivre un moment tout en musique. Une soirée SHAKE N’ BAKE gratuite tous les samedis soirs comme le dit si bien le tableau à l’entrée. Et, c’est ce que j’ai vécu! En ce 5 juin, il y avait MCJC feat JFB pour « groover » la place.
MC = Maxime Chiasson, un DJ habituel de La cuisine. Un samedi par mois, il vient mettre le feu aux poudres du restaurant. JC = Joëlle Cloutier, invitée spéciale, réalisatrice et animatrice de l’émission Chérie j’arrive sur les ondes de 94,3 tous les jours de semaine dès 16h. C’est une vraie passionnée de musique émergente et d’arts marginaux. JFB = Jean-François Bilodeau, directeur musical de CHYZ 94,3 et responsable de la suggestion musicale du jour. Il est, à lui seul, un disquaire ambulant. Jour après jour, il épluche tout ce qui se crée en musique et propose aux auditeurs de la radio universitaire les meilleurs trucs sur le marché.
Vers 23 h 15, la salle était remplie de beaux mondes. Le son avait pris son envol et avait grimpé en intensité. Les tables avaient fait place au « dance floor » bondé de gens survoltés. La fête était commencée.
Restriction : la piste de danse rockait la place, mais il était tout de même possible d’être assis avec nos amis et de parler sans crier à tout rompt. Une bonne chose! Les personnes en place étaient serins, amusés, « belles » et quelques-unes, un peu bizarres. Cependant, une bonne soirée n’est pas parfaite sans son lot de personnes étranges!
Au final, la musique était… juste à point. À vrai dire, elle était excellente. Un mélange de vieux, de néo vieux et de très récent, que des succès. Des pièces de Justice, Daft punk, Yelle, Jackson 5, Phoenix, Bran van 3000 et plus encore ont rythmé la soirée à La cuisine. Cette nuit-là, je suis allé dormir en me disant que j’avais vu le soleil au travers les gouttelettes du ciel. Musique et endroit merveilleux se sont transformés en rayon lumineux.
Bref, il est possible de vivre un moment magique et simple tous les samedis soirs. Où? À La cuisine. Comment? Si possible, avec des amis. Pourquoi? Pour trouver la joie ou l’amour. En prime, le restaurant nous propose une autre soirée où il est possible de consommer le nectar musical. Tous les mercredis, SHOWS de CUISINE nous présentent des spectacles de folk, blues, country et dérivés et cela gratuitement! Alors, si vous avez des envies de soirées différentes. Si vous n’êtes pas admirateur des discothèques assourdissantes. Si vous aimez la bonne musique bien mixée. Si vous voulez vous sentir à votre aise, sans les talons de huit pieds et les polos aux collets relevés. Et bien, présentez-vous samedi soir prochain dès 22 h à La cuisine et vous verrez qu’à Québec, il y a ce que vous cherchez.
Nico.
Photographie : Charles Brassard
Courriel
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CHYZ 94,3 l’émission Chérie j’arrive




Nice chronique man. Ça fait trop longtemps que je n’y suis pas allé…
Miam! Vraiment bien vendue cette soirée à la cuisine! J’y serai!! Merci Nicolas
Effectivement moi aussi j’ai hâte du retourner après avoir lu cet article, on aime!
Bévue pour le style qui n’est pas exclusif aux années 60. La majorité de l’ameublement est rétro 50, regarde les tables! Si l’on pense au nintendo : c’est carrément 80! L’ensemble fait référence à diverses décénies, il serait donc faux de dire que La Cuisine nous proposes un décor figé dans le temps. Bien au contraire, c’est un parcours du jadis!
Gordon
Je ne connaissais pas la différence entre une table des années 50 et une table des années 60.
Je le sais maintenant! Merci.
J’avoue que mon texte ne visait pas à mettre l’accent sur cet aspect de La Cuisine.
Tu as l’impression d’être dans la caverne d’Ali Baba? Super!
Vrai. Je ne suis pas un pro du design d’intérieurs et de l’Histoire des meubles… Je suis chroniqueur musical. Nos lecteurs ont, ainsi, la chance de découvrir des endroits formidables pour entendre de la bonne musique.
Nico.
t’en tire tu mieux côté musique? C’est quand même important de connaître l’histoire pour pouvoir parler justement d’un sujet.
un chroniqueur fru? lol
calmos. moi entouka jtrouve que c un bel endroit la cuisine.
Justice, Daft punk, Yelle…. une jeunesse branché sur la musique électro. à croire qu’ils ne connaissent rien d’autre.
D’accord avec ève!
Je ne croyais pas créer une polémique en proposant à nos lecteurs une sortie à La Cuisine. Mon souhait était d’éveiller les gens sur un endroit formidable de notre belle ville.
Mes articles semblent tout de même porter à réflexion.
Alors, je vous propose de lire mes autres chroniques musicales, afin de voir la variété des sujets présents sur le menu.
Merci.
Nico.