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La marche vers l’indépendance

La marche vers l’indépendance


Pour la plupart des Nord-Américains, le mardi est synonyme du triste début de semaine au boulot, du cinéma bon marché, de la journée où l’on mange les restes de table ou du manque d’émissions de qualité à la télévision, sauf en hiver si vous êtes un admirateur des méchants mardis Molson ex à RDS.

Pour une autre tranche de cette société occidentale, le mardi est synonyme de nouveautés. Souvent, l’excitation est à son comble dès que les premiers éclats de lumière traversent les rideaux opaques de la chambre de Morphée. Qui plus est, pour quelques-uns d’entre eux, le sommeil n’aura pas été très réparateur, car ils auront passé la nuit à gigoter tellement cette journée sera importante.

Or, le mardi, c’est l’ennui des uns, la hâte des autres ou la peur des critiques pour l’expéditeur. Le mardi, c’est la journée magasinage. Le mardi, les nouveautés musicales sortent sur les tablettes.

Pour le mélomane que je suis, il y a plusieurs règles importantes à respecter avant de vider ses poches et lancer son argent par les fenêtres. Tous les fans de nouvelles expériences sonores ont leurs petits dadas hebdomadaires. Voici ceux qui me définissent et qui feront peut-être de vous des consommateurs avertis.

La quête…

    1. Le cadran sonne, or, avec effort, je sors du lit. Je ne prends pas le temps de déjeuner et je cours ouvrir mon ordinateur. Je lis mes courriels et renifle ce qui brûle sur Facebook. Puis, je fonce sur Google pour effectuer une recherche sur les nouveaux disques de la journée. Geek? Je ne pense pas, mais je suis intéressé par le 2.0. Il n’y a pas de doute là-dessus. Donc, je commence par faire une petite écoute des extraits disponibles sur internet (iTunes, site web des artistes, téléchargement simple, etc.). Pourquoi? Car, pour être bien préparé pour la chasse aux disques, il me faut éliminer l’inutile, le radin, le sans saveur, le téléchargeable sans remords. Ensuite, je regarde le design des pochettes, car leur beauté est souvent le gage d’une certaine qualité musicale, et en prime, elles me permettent de retracer aisément le disque une fois rendu dans le magasin.
    2. Je me planifie un budget. Pour moi, il ne s’agit pas d’un budget « en argent », mais d’un budget en « quantité et en qualité de disques». Minimum deux, maximum quatre. Minimum deux albums, car si j’achète qu’un seul disque, j’ai l’impression de repartir les mains vides, et souvent, j’aurais laissé tomber les découvertes et je serais malheureux d’être parti qu’avec une seule valeur sûre. Maximum quatre albums, car il m’est impossible de profiter entièrement de mes nouvelles acquisitions lorsque j’ai abusé sur les achats. Trop, c’est comme pas assez…
    3. Je prends mon temps! Je pars à pied de la maison, été comme hiver. Je respire l’air matinal tout en me dirigeant vers mes endroits de prédilection. Un vrai début de journée! J’entre dans le magasin. Je salue la caissière, dis bonjour aux commis, me dirige vers la section nouveautés pour contempler les objets fraîchement gravés. Des chefs-d’œuvre enrobés de plastique. Ensuite, je touche les pochettes les plus intéressantes. La texture et le poids peuvent aussi en dire beaucoup, mais le risque est trop élevé, et je pourrais mettre en péril ma quête si je ne fixe que ces aspects.
    4. Ensuite, je me dirige au poste d’écoute pour faire un résumé auditif de mes choix à mon cerveau et pour épurer ma sélection. Ne jamais oublier le maximum et le minimum! À chaque fois, j’essaie d’optimiser mon temps d’écoute. Avouez qu’il y a toujours un petit malaise lorsqu’on survole un disque devant le marchand, vous savez, celui qui semble tout connaître. Au fait, combien de temps avons-nous le droit d’abuser d’un poste d’écoute? Personnellement, je m’en fou. Je prends habituellement le temps qu’il faut pour savoir si je jette le C.D ou si j’achète le C.D.
    5. Pour finir, je fais un dernier tour de salle, pour le simple plaisir, pour regarder les étalages bien cordés par style et pour observer les propositions du disquaire… On ne sait jamais, ce dernier tour d’horizon pourrait me surprendre et me faire apparaître la trouvaille de la journée avant de quitter cet endroit que j’aime. La nouveauté c’est bien, mais un bon vieux classique et parfois une pièce de collection c’est mieux. De cette manière, je sais sans aucun doute que la pêche à la musique aura été bonne, peu importe l’endroit où j’aurai tiré ma ligne.

Survivant des temps modernes

Par contre, il y a des endroits où j’aime mieux aller que d’autres. Alors, lorsque je parle d’endroits que j’aime bien, il y en a un en particulier qui, quelquefois, fait partie de ma route les mardis matin. Je vais chez Sillons le disquaire qui est l’un des lieux indépendants les plus prisés à Québec.

En place depuis 1984, il est maintenant le dernier disquaire de son espèce chez les indépendants à vendre que des disques neufs sur le marché. De plus, il a réussi, malgré la présence des franchises, à se faire une place de choix dans la ville de Québec. À preuve, il a été 5 fois en 9 ans récipiendaire du prix de l’ADISQ pour le meilleur magasin de disques n’appartenant pas à une chaîne. Il est difficile de manquer cette panoplie de plaques ornées accrochées au-dessus du comptoir-caisse tout près de l’entrée de la boutique.

Le petit disquaire de la rue Cartier n’a peut-être pas de sections complémentaires comme une librairie, mais elle n’a rien à envier aux grosses chaînes de distribution lorsque l’on remarque la sélection de musique qui nous est offerte. Alors, quels sont les avantages à s’offrir un disque chez Sillons? Au dire du copropriétaire Denis Jodoin, c’est le contact avec le client qui n’est pas le même. Pour lui et son partenaire Guy Piché, leur grande expertise musicale et la proximité avec leur clientèle sont des atouts incroyables. Selon eux, cette prise en charge des propriétaires permet au consommateur d’être mieux orienté dans sa recherche et dans ses choix.

De plus, M. Jodoin explique que sa collection de disques d’importance, sur le plan historique, est très imposante et que certaines sélections de classiques comme en jazz sont uniques sur le marché.

Bien sûr, il n’est pas facile de résister à la compétition féroce des grandes chaînes, surtout avec les promotions sur les nouveautés qu’elles proposent sur leurs étagères. Mais, chez Sillons,  lorsque nous comparons les prix réguliers à ceux des autres catalogues, c’est le magasin indépendant qui remporte la palme avec ses 2 $ à 3 $ de moins cher par articles.

Bref, je peux comprendre les gens qui profitent des franchises parce qu’elles vous offrent les nouveautés à moindre prix. Oui, je comprends. Je le fais aussi. Je comprends aussi les personnes qui font leurs emplettes en téléchargeant avec iTunes, puisque ce moyen est rapide et efficace. Je les comprends, parce qu’il m’arrive aussi d’être une personne pressée les mardis. Mais, il m’arrive à l’occasion et avec fierté, d’encourager le dernier indépendant de la région de Québec. Pourquoi? Parce qu’au moment où j’arrête ma marche du mardi matin pour vivre mon dada chez Sillons, je me sens heureux de soutenir des personnes comme Denis Jodoin et Guy Piché à vivre de leur passion musicale sans les contraintes d’une grande chaîne. De cette façon, je vis en paix avec moi-même et pour cette raison je continuerai d’y aller. Et vous?

Nico

Sillons le disquaire

info@sillons.com

418.524.8352

1.800.287.7455

1149 avenue Cartier,

Québec, QC, CANADA

G1R 2S9

2 commentaires pour “La marche vers l’indépendance”

  1. Patrice Plante 31 mai 2010 à 22 h 43

    Longue vie à Sillons! :) Excellent article Nic, ça me donne le goût d’y aller right now!

  2. Bien étrange titre! Et pourtant! La marche pour l’indépendance du Québec se tiendra le 20 juin prochain dans plusieurs villes du Québec, avec pour but de réunir tous les Québécois, de tous les partis politiques et de toutes origines.

    Parce que la dépendance n’est pas une option.

    http://libremarcheur.org