Nom de code : Taverna
Photo : Marie-Claire De Blois
Cette semaine, j’ai eu le goût de passer d’actif à passif et de confier le sujet de ma chronique hebdomadaire à une tierce personne. J’ai donc passé un coup de fil à ma bonne amie Véronique Parent de la boutique Séraphin afin de lui donner une mission. Celle de me faire découvrir un restaurant de Québec qu’elle affectionne particulièrement et dont je ne connais aucunement l’existence. Véronique s’est dit prête à surmonter le défi et elle se mit à réfléchir pour trouver « ze » place. Quelques instants plus tard, elle avait déjà trouvé.
Le seul indice qu’elle voulait me divulguer était le suivant : il s’agit d’un restaurant grec proche du Séraphin (les environs de la rue Saint-Jean). Parfait! J’étais très enthousiaste à l’idée de m’immiscer dans cette partie de la Méditerranée qui vit des jours difficiles dû à une économie chancelante. J’allais saisir cette occasion pour démontrer mon soutien au peuple grec. Ce n’est pas la première fois que j’allie utile et agréable, par exemple, lorsque le tremblement de terre du 27 février dernier a touché les côtes du Chili, je me suis mis à boire des vins chiliens comme si y’avait pas de lendemain!
Revenons aux choses sérieuses et concentrons-nous sur notre mission.
J’avais plusieurs renseignements pertinents venant de personnes différentes au fur et à mesure que l’échéance arrivait :
« Ah! Je suis certain qu’elle t’apporte à la Pieuvre Bleue. » (Isaac Larose)
« Oui, oui, le petit grec sur St-Jean! Mon père est un habitué. » (Marcus Marcoux)
« Je sais tellement où elle t’amène, tu vas voir, le feta, le tzaziki, les olives, etc. Bref, tout est complètement malade dans ce p’tit resto typique. » (Louis Poulin)
Bon, on y va à votre place secrète?
En matinée, je reçois ces inscriptions sur mon téléphone portable.
Nom de code : Taverna
Heure : 19h00
Endroit : 801, rue Scott
Je décide de me laisser prendre au jeu et de ne rien « googler » question de ne pas avoir d’idées préconçues sur l’endroit. Comme un soldat qui fait aveuglement confiance à son lieutenant, je me prépare en silence la tête pleine d’espoir. Un soldat a bien droit à un GPS, non? Je décide de me servir quand même de Google Maps question de bien m’orienter.
Je suis à deux pas du point de rendez-vous et je stationne mon auto directement sur la rue St-Jean. Quelques secondes plus tard, j’ai enfin un visuel avec la mystérieuse pieuvre bleue qui orne la devanture du restaurant, signe du lieu secret qu’Isaac m’avait dévoilé auparavant. À l’entrée, j’ai su que j’étais à la bonne adresse, car le bleu typique de la Grèce était omniprésent.
Je pousse la porte et je balaie la pièce du regard pour me rendre compte que la salle est pleine en ce mardi soir et que la musique traditionnelle grecque (qu’on aime) joue dans les haut-parleurs du minuscule restaurant. Des effluves de viande sur le grill se rendent à mes narines et je commence déjà à saliver. Les gens présents ont clairement l’air de passer du bon temps. Les conversations sont fortes et animées.
Le clan, la famille, le groupe, appelez-le comme vous voulez, mais voilà comment on mange à la Taverna. En pleine synergie avec la tradition grecque, où le souper est un rituel important quasi-mythique qui favorise l’échange et le partage. Les plats composés de plusieurs portions où l’on se sert plus souvent de nos mains que d’une fourchette créent vraiment une synergie plaisante et conviviale.
On a tellement goûté à des mets différents que tous les nommer serait quelque chose de très laborieux. On commence par une pikilia qui est composée de plusieurs petites entrées froides. Tzaziki, mousse de poivrons grillés et feta, morceaux de feta, feuilles de vignes farcies, pitas grillés à point, etc. Dans le temps d’le dire l’assiette était vide et le serveur arrivait avec une assiette semblable, mais cette fois-ci, apprêtée d’entées chaudes dont les calmars frits, les souvlakis, les keftas, des boulettes aux courges, etc. Toutes ont trouvés, encore une fois, preneur dans le temps de le dire. On fait une petite pause et on continue à discuter autour d’une bonne bouteille de vin blanc grec dont le nom m’échappe. Et maintenant les assiettes de plats principaux à partager… wow! À vous d’aller les découvrir! Mais j’vous dit seulement quelques petits « cues », les côtelettes d’agneau rôties, poulet au thym et au citron…
Le temps file et on ne s’en aperçoit même pas. On est peut-être trop concentré à échanger, à manger et à boire comme des rois de la Grèce antique. On rit, on se remémore, on rêve, le ton monte de plus en plus au moment où le soleil se couche, et nos joues rougissent. La salle se vide, mais nous, nous sommes désormais prêts pour la nuit. Georges, le propriétaire, arrive avec les digestifs…
J’ai vraiment passé une belle soirée et j’ai déjà hâte à ma prochaine visite.
La Taverna, Québec t’aime




Efaristo, Clovis! Cet article est à la hauteur de la Taverna! Pour être allé en Grèce l’année dernière afin de m’empiffrer, de faire du parasail et du quatre-roues, je vous le dis, nous sommes choyés d’avoir une adresse qui offre avec autant d’authenticité la VRAIE cuisine de la mer d’Égée.
Ma découverte printemps 2010..Tellement plaisant et convivial de manger avec plein d’amis et de piger dans les assiettes au centre de la table, de s’assurer que tout le monde a gouté à tout!! Coup de coeur pour la salade de pieuvre que je n’avais jamais osé manger auparavant!
WOW!
Mon frère, quand est-ce qu’on y va, mes papilles se souviennent de beaux moments outre-mer! Ce resto me semble plus que bien pour y repenser…:)
Une pure merveille!!! Je salive encore….miam!
Merci a vous cinq pour cette belle soirée et surtout merci la Taverna d’exister!
@Véronique: merci à toi de m’avoir fait découvrir cet endroit. On remet cela quand tu veux.
@Émilie: tu as raison pour la pieuvre, très savoureux.
Personnellement… J’ai tellement aimé que j’y suis resté… Au plaisir de vous y rencontrer… YAMAS