Quantcast
Mais qui est Jos Dion?

Mais qui est Jos Dion?


Voici un bref aperçu d’une conversation téléphonique que j’ai eu avec Véronique Parent du Séraphin en ce lundi 18 avril 2010 afin de vous mettre en contexte :

CJ : Véro?

VP : Oui!

CJ : Écoutes-tu la « game » ce soir?

VP : Oui, on va chez Jos Dion.

CJ : Jos Dion? La taverne « trash » dans St-Sauveur?

VP : Oui exactement, c’est vraiment le fun et l’ambiance est malade quand les « Habs » jouent.

CJ : Ok! J’peux y aller avec vous?

VP : Oui, Josh et moi on va y aller vers 18h30 pour manger un p’tit quelque chose.

CJ : Ok j’vous rejoins à 18h30.

Je raccroche et subitement une vague de scepticisme m’envahit face au lieu de notre rendez-vous. Je décide donc de « googler » le tout afin de me renseigner sur l’endroit à qui je confie mon lundi soir de « play-offs » et je tombe sur quelques faits hyper intéressants.

Premièrement, cette taverne existe depuis 1933, ce qui la place comme étant la plus vieille taverne de Québec et peut-être même l’une des plus anciennes en Amérique du Nord. (Source : www.quebecplus.ca) Mon esprit commence à divaguer et je me crée une première ébauche mentale des lieux : une taverne enfumée au plafond bas, des hommes en costard aux couleurs sombres et chapeau de feutre mou, etc… typique du Chicago ancien que le cinéma nous dépeint tant.

Deuxièmement, un autre renseignement que j’ignorais complètement est que l’accès aux tavernes par la gent féminine n’est réalité que depuis 1986. En effet, avant cette date elles ne pouvaient se présenter en ces lieux sous aucune circonstance. Heureusement, suite à la loi sur l’égalité des sexes, cette réalité est devenue chose du passé et les dames sont désormais les bienvenues. Dans ce même ordre d’idée, la pièce de théâtre Broue a été créée dans l’optique de montrer l’univers des tavernes aux femmes qui n’avaient jamais mis les pieds dans ces établissements. On connait la suite; un succès populaire qui fait maintenant partie de notre folklore.

Un peu intrigué, je décide d’appeler mon père pour lui demander de me parler un peu de cette époque que je croyais beaucoup plus lointaine que le milieu des années 80 :

CJ : Je viens de lire que les femmes n’avaient pas le droit d’y entrer dans les tavernes avant 1986, c’est quoi cette histoire-là?

SJ : Oui, oui, avant le milieu des années 80 aucune femme n’avait le droit d’y entrer, c’était des endroits réservés exclusivement aux hommes. Il y avait plusieurs endroits du genre à Québec dont la taverne Jos Dion (et d’autres lieux qu’il me nomme, mais que je ne prends pas la peine de noter).

CJ : Ben là, y se passait quoi quand une femme franchissait la porte? Ils la chassaient avec un balai?

SJ : (rires) Non, non c’était dans les mœurs, les femmes le savaient qu’elles n’avaient pas le droit d’y mettre les pieds.

CJ : Ark! L’atmosphère devait tellement être lourde?

SJ : Ouin… ce n’était pas terrible.

Bon ma recherche historique terminée, l’heure de mon rendez-vous est arrivée et je « déscotch » donc de mon ordinateur pour me rendre au 65, rue Saint-Joseph Ouest. Première joie, il y a tout plein de stationnement sans parcomètre tout autour de l’endroit (les rues adjacentes). Alléluia! Simplement pour vous mettre en contexte, je suis le genre de gars qui s’empêche d’aller sur Cartier tellement que le tournage en round pendant 2 heures pour se trouver un parking me pue au nez.

J’arrive au seuil de la porte et j’ouvre cette dernière. Je me sens tout-à-coup à bord de la Dolorian dans Retour vers le futur. Un voyage fantastique qui m’apporte au cœur du Chicago typique des années 60, un détour vers l’Espagne et l’Argentine fanatiques de « foot » et finalement, un atterrissage au cœur du Québec profond (en terme de racine et non en terme de fond de rang).

Je m’explique :

Chicago : Les films agissent grandement à nous forger un imaginaire collectif. Quand j’entends taverne mon subconscient me renvoie à des images que les « vues » véhiculent. Effectivement, je n’étais pas si loin de ma première ébauche moins les gens en costard et chapeau et la fumée de cigarettes. Pour une des seules fois de ma vie, j’aurais aimé que les bars soient encore fumeurs pour ajouter du cachet. Pour le reste je suis servi. En effet, plusieurs photos antiques de Québec, plusieurs vieilles affiches de bières, une collection de vieux « bucks », un plafond que je trouve magnifique, des outardes, un chevreuil, un castor, etc… Le décor n’est pas « trash » mais typique à souhait, j’adore.

Espagne et Argentine : Il faut vraiment l’avoir vécu pour comprendre comment le « soccer » ou « foot » est une religion dans ces pays. Ils s’entassent 100, même jusqu’au trottoir, dans des endroits gros comme ma main, boivent et chantent juste pour voir leur club favori performer. Je me suis senti dans ce genre d’endroit hier, sauf que l’on y avait troqué le ballon pour une « puck ». De l’ambiance et des fans du tricolore en masse malgré la défaite écrasante que le Canadien a subie.

Québec : Pour les symboles bien de chez nous. Je ne sais pas par lequel commencer : œufs et langues de porc dans le vinaigre, 12 ailes de poulet pour 4,25$, 2 « bucks » de bière pour 4$, la grosse Belle Gueule en spécial et la grosse Molson, le « smoked meat » servi avec des chips Ruffles, les verres, que l’on appelle dans le métier à « Topless », le popcorn gratuit, la pizza congelée, etc… Josh me fait remarquer que tu peux apporter la bouffe que tu veux et la manger à l’intérieur, y’a pas de problème.

Et finalement, le Québec pour la clientèle qui est très variée dans le genre 18 à 77 ans, hommes et femmes, bref, qui est composée de Monsieur et Madame tout le monde. Par exemple, les deux gars de la table d’à côté sont arrivés en skate, l’autre table est un couple hyper stylos dont la fille a participé au concours « La Muse » (il y avait quand même quelques filles!), une autre table est composée d’hommes âgés, une autre d’universitaires, une autre d’hippies, etc… Comme si toutes les strates de notre société Québécoise, en âge de fréquenter un bar, se retrouvaient le temps d’un match et d’une bière.

Je parle du passé, mais le présent n’est pas négligé chez Jos Dion. Les télévisions sont plasmas et le signal est HD quand même. De plus, je me fais la remarque personnelle que pour un si petit endroit il y a quatre téléviseurs et un projecteur grand format pour combler les amateurs de Hockey. Mes premiers préjugés sont tombés et je m’en veux d’avoir pensé de telles choses de cet endroit sans jamais y avoir mis les pieds. Cela me rappelle un vieux dicton que ma mère avait coutume de me répéter : ne jamais juger un livre par sa couverture. Tu as bien raison maman, je m’excuse Monsieur Dion.

J’ai bien aimé l’expérience à un point que j’ai donné rendez-vous à Véro et Josh au même endroit, même table pour le prochain match. D’autres personnes se joignent à nous?

Jos Dion, Québec t’aime.

7 commentaires pour “Mais qui est Jos Dion?”

  1. Patrice Plante 23 avril 2010 à 0 h 20

    Wow ça me donne trop le goût! Clovis, call me mercredi soir prochain je viens avec vous!

  2. j’aime vraiment ça Clovis! tu met un tout autre cachet a la taverne Jos Dion! Dernière fois que je suis aller on ma mise dehors!

  3. On aime Séraphin, on aime Véro, on aime Josh, on aime Clovis et maintanent on aime Jos!! ALLÉLUIA! Je serai là la prochaine fois pour déguster un de ces smoked-meat bien gras!!

  4. Moi Jos Dion m’a fait pensé aux pubs TAB de la campagne australienne. On aime Jos Dion, on aime tes articles, Clovis! On aime aussi Véro!!!

  5. Wow Clovis! Tu n’aurais pas pu faire mieux…excellent article(by the way Brigitte a dit « Il écrit bien en plus le beau Clovis! »). Merci Black et SM de m’aimer!

  6. Moi aussi ca me donne envie d’y aller et jai hâte que ca arrive! Découvrir Jos, retourner chez Séraphin et voir Véro!! On aime

  7. Excellent! J’adore les photos!