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Je fudge, tu fudges, nous fudgerons

Je fudge, tu fudges, nous fudgerons


Je ne comprends pas.

Vendredi 2 avril 2010. Le soleil darde d’intenses plaques blanches sur la tôle rouge vif d’une maison d’époque, au Trait-Carré de Charlesbourg. Le printemps est volatile, ses effluves de terre et de vieille neige emplissent mes narines. Ça sent mon enfance. Ça respire Pâques et le chocolat. J’entre.

L’endroit est bondé. Serré, je me faufile entre les paquets, les clients, les saucissons de fudge et les lapins de Pâques au regard constipé. On m’accueille, le sourire aux lèvres. Ya autant de chaleur en dedans que dehors. Tsé, la fameuse chaleur humaine, là? Celle qu’on a « tradée » pour des épiceries grosses comme des centre-villes?

Le propriétaire des lieux (avec sa femme Michelle Martin) et maître chocolatier, Jacques Thivierge, s’élance d’un discours enivrant sur l’effet de son fudge gingembre-wasabi en bouche. Ses yeux pétillent. Le visage tout entier de l’ex-chef cuisinier qui se voue corps et âme (lire : 90 heures par semaine) à sa passion des confiseries s’illumine. Quand il parle, on goûte l’onctuosité de ses mignardises, on ressent l’âcre chaleur du wasabi envahir notre cavité nasale. Il me donne immédiatement et irrémédiablement envie de sortir mon chéquier, d’hypothéquer la maison que je n’ai pas, de vendre mon chat (je n’ai pas de chat) et de repartir avec un 18 roues plein à craquer de stock.

Ça vous donne une idée.

Mais je ne comprends toujours pas. Je ne comprends pas que l’on puisse encore acheter des fucking spider-man bourrés de sucre et de shortening végétal au Wal-Mart. Je ne comprends juste pas pourquoi le monde entier ne se délecte pas des produits issus du talent et de la passion des gens d’ici.

Et ne me parlez pas de fric. Je sais, un nougat coûte trois fois plus cher qu’une grosse poule Jean Coutu. Pis vous en avez trois fois moins à manger. Mais depuis quand la quantité s’abroge la loi de la qualité? Pourquoi ne pas s’offrir un bon souper dans un grand resto une fois par mois plutôt que deux oeufs une toast à toutes les semaines au Normandin? Ça revient au même prix. D’un côté, on a la routine. De l’autre, on a une expérience, un bagage, un voyage avec Alice aux pays des merveilles.

Je ne le dirai jamais assez : arrêtez d’avoir peur. La bonne chère fait partie de ces petits bonheurs accessibles. Pas besoin de voyager en Europe ou de faire de la peanut. Mâchez dans le nougat traditionnel de Jacques Thivierge, et vous plongerez au coeur de Montélimar, en France. Goûtez à son fudge à la crème brûlée, et vous retomberez en enfance. Croquez dans son chocolat au garam masala, et vous vous donnerez envie d’exotisme (genre au lit dans les bras de Jérémie). Oh, et n’oublions pas ses gigantesques saucissons de fudge, inspirés des saucissons traditionnels italiens, qui pendent un peu partout dans la boutique. On en raffole!

Aujourd’hui, boudez les oeufs Cadbury. Rendez-vous à la Fudgerie.

Vous fudgerez!

P

Leur fudge est un incontournable (plus de 80 variétés). Mes préférés :

  • Piment Jalapeno
  • 3 fruits
  • Crème brûlée
  • Gingembre-wasabi (on aime ou on aime pas)
  • Poivre rose

Le nougat :

  • Tiré d’une recette familiale européenne qui s’est perfectionnée de générations en générations, le nougat est le meilleur que je n’ai jamais mangé. Essayer celui aux amandes ou aux pistaches!

Coup de coeur :

  • Les chocolats exotiques aux graines de sésames grillées et au garam masala

La Fudgerie
La Maison
717, boulevard Louis-XIV
Quartier historique du Trait-Carré
418.622.9595

La Boutique
16 rue du Cul-de-Sac
418.692.3834

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4 commentaires pour “Je fudge, tu fudges, nous fudgerons”

  1. Tout ça a l’air super alléchant et original à souhait, merci, j’y songerai quand je viendrai à la capitale! suis bien d’accord avec toi, la qualité devrait toujours primer sur la quantité! Mais voilà, l’homme moderne a souvent les yeux (de Pâques ;)) plus gros que le ventre… ébloui par Cadbury ou autres chocolats-100-pour-sans-cacao, malheureusement…

  2. Patrice Plante 5 avril 2010 à 22 h 37

    Hahaha 100 pour sans cacao. J’aime :)

  3. Gingembre-wasabi? J’Y COURS.

  4. ohhh toi t’es un wild chocolatement parlant, tu serais suceptible de devenir mon ami, moi qui trippe sur le choco au gingembre et qui bave sur le chocolat aux épices aztèques du Eriko, je pense que ton top 5 de fudge ferait grossir mes fesse de 6 points de pantalons, minimum.